Les 3L (désormais, de légende) s’étaient donc donnés rendez-vous ce mardi à la Calanque de Port Miou (pas port Miaou, qui est réservée à Chat Noir) afin de tourner un petit clip de promo concernant mon actu de la rentrée prochaine. A découvrir bientôt dans ScubaPeople Le Mag. Une bonne occasion de faire visiter à deux amateurs éclairés (!) l’entrée majestueuse de la résurgence sous-marine qui s’ouvre à la sortie de la calanque.

Courte marche commando chargés comme des mulets (3 cameras, 3 appareil photos en caisson, éclairages…), quelques degrés pentus orangés de soleil couchant et nous voilà dans l’eau. Déjà, sur fond de ressac et de cigales, la calanque s’emplit de la langue délicieusement imagée de Manu, haïkus raffinés de ce poète authentique pour ceux qui connaissent… Tout en filmant, nous allons à la palme rejoindre la falaise d’en face (pour éviter de se faire éparpiller à coup d’hélices rageurs) et, vent debout, ramons sur les 500 m (1 km ?) qui nous séparent de l’entrée de la grotte. Un scooter avait été prévu pour nous épargner de la peine mais hélas perdit sa poignée au début de l’opération. Avec un inflateur qui n’inflatait plus (ou trop) et autres menus tracas habituels pour qui touche l’antichambre de la spéléo, ma foi notre caravane allait bon train et dans la bonne humeur…

Les 3L : de « belles têtes de vainqueurs » !

Tout juste si Leydet râlait un peu comme quoi « c’est aussi loin que Figuerolles, finalement »… Allez donc consulter son laconique compte-rendu de cette mémorable sortie… Sauf que cette fois, Messire, ça vaut vraiment le coup ! Il n’y a pas que des congres à voir. Ouigre !

Je sais, celle là je l’ai déjà faite mais elle me fait rire encore… Il y a des calembours qu’il faut épuiser en plusieurs fois…

A l’approche de la rivière souterraine dont le débit est considérable, nous ressentons nettement la fraicheur de l’eau douce et le courant nous repousse. Il est temps de sonder l’insondable…

Dans la rivière secrète

Tapis de posidonies, un couple de seiches humides, divers contrôles de sécurité et nous visitons successivement les deux entrées. L’une, surbaissée et amplement colonisée par les huitres, l’autre immense, majestueuse, gardée par une grande nacre béante. Le biologiste marin expliquera mieux que moi l’écosystème unique que constitue ce milieu, entre eau douce et salée, zone éclairée et dans l’obscurité.

Je ne suis pas spécialement fier des photos réalisées au cours de cette plongée, plutôt occupé aux impératifs du tournage mais c’est pour l’ambiance… Une grande nacre, un tryptérigion égaré dans la flore cavernicole, un bête nudibranche épongé, une éponge « pour fille » rose, et ce bizarre champignon coulant dont Anthony nous révèlera bientôt le nom et le pedigree dans un des commentaires, n’est-il pas ?

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Profitant de mes préoccupations biologiques, le nez collé à la paroi, voilà que mes impétueux collègues, tombés en arrêt devant le fil d’Ariane tout neuf qui pointe dans l’inconnu,  s’apprêtaient à foncer dans le noir. En monobloc, s’il vous plait ! Sacrilège… Je dois même leur confisquer les palmes pour éviter qu’ils n’aillent brûler leur belle jeunesse aux pièges de la caverne pendant que j’ai le dos tourné (en train de photographier une éponge qui ressemble à un champignon retourné). N’oublions pas qu’en mars 1960, Conrad Linbaugh, un biologiste américain perdit la vie ici même, égaré dans la galerie à cause des aberrations optiques dues au mélange eau douce/eau salée. Mais nous en reparlerons…

Sinon Messieurs, convenablement équipés et entraînés, je vous en prie : il n’y a jamais que 3000 m de galerie noyée à parcourir jusqu’à la profondeur (provisoire) de 223 m. Je vous laisse la place…

Pour en savoir plus

Et pour finir, le film « historique » de Paul de Roubaix, délicieusement rétro… Prochaine plongée : le tombant de Méjean sur la Côte Bleue. Et vous ?