Maldives : Plongeons sous la pluie !

Maldives : L'envers de la carte postale !

Voilà trois jours qu’il pleut des cordes sur les Maldives ! Voilà, vous êtes contents ? Un temps « very unusual » pour la saison. Et gnagna et gnagna… En plus, ce n’est pas la saison des raies mantas : Elles ont quitté l’est de l’atoll et ne sont pas encore arrivées à l’ouest. Personne ne sait ou elles sont. Un scandale ! Qu’on m’amène immédiatement le chef de raie ! Baraka : Pourquoi m’as tu abandonné ?

Le bivouacJ’ai pris le décalage horaire en pleine bouille et mes jambes refusent de faire ce que dicte ma tête : Je suis un sobre, ivre en permanence ! Brusque narcolepsie en pleine journée et nuits agitées, les yeux exorbités. Et maintenant les éclairs de l’orage qui redouble… Il ne faut pas croire tout ce qu’on raconte sur moi : J’ai peur, tout seul, la nuit… Recroquevillé au centre de mon lit grand comme un cours de tennis, drapé à la Néron, mon petit corps est secoué de frissons à chaque coup de tonnerre. Et si un tsunami arrive ? Je vais faire quoi moi, à deux mètres d’altitude sur un lit, certes en bois rare, mais sans gouvernail ? Hein ?

Au matin, je suis d’une humeur de dogue. A vrai dire, c’est de la faute de Caroline. Je venais juste de sombrer dans le sommeil avec une enclume aux pieds quand le téléphone sonne ! J’entends des rires, des cris hystériques de femmes grisées de vins capiteux, de la musique. « Viens ! C’est trop bien »  me dit Caroline. Ces dames sont en effet parties tester un autre lieu de villégiature, un autre Coco Palm encore plus luxueux si c’est possible et semblent s’ennuyer de moi ! Mon hydravion personnel m’attends… C’est un comble. Mais j’ai un reportage à faire moi. Les photos sous-marines, je ne vais pas les inventer…  Il faut parfois avoir la conscience professionnelle chevillée au corps, croyez moi, pour résister aux chants des sirènes. Des ces nymphes insouciantes, ivres de plaisirs… Évidemment ces promesses d’agapes me tiennent éveillé jusqu’au petit jour au milieu des draps transformés en torchons.

Tiens ? Une gorgone !Allez, c’est l’heure d’aller bosser ! Et ces 500 m de route qui sépare mon bungalow de l’embarcadère qui n’ont toujours pas été refait ! Si bien que je dois marcher pieds nu dans le sable blanc : Les tongs dérapent ! Un rapide petit déjeuner (il va encore falloir choisir entre les 65 mets proposés, forcément succulents… Mais je l’aurais un jour, je l’aurais…) et me voilà à l’arrêt de bus. Enfin, le ponton où m’attend le dhoni. Le moyen de transport jusqu’à mon lieu de travail, quoi. Je vous entends d’ici : « Mais de quoi il se plaint » ? Mais de rien… Il n’y a pas de sots métiers. J’ai juste tiré le mauvais numéro, c’est tout… Et encore, quand je vois la tête de mes compagnons d’infortune (les moniteurs PADI) je peux m’estimer heureux : Ils ont pris une longue peine, eux. En bon artisan je prépare mes outils : Caisson, flashs, et toute la panoplie pour travailler en milieu hostile… Mon travail c’est ça. Mon bureau est vraiment « open space » et la clim, celle du bon Dieu. Pour le meilleur et pour le pire. Pour l’instant, il pleut.  Suite aux récentes compressions de personnel je dois travailler seul, sans assistant. Sans compter cet accoutrement ridicule que je dois porter aux couleurs de l’entreprise, cet uniforme en caoutchouc et ces chaussures de clown… Et cette chaleur ! Intenable. Dans l’eau cela sera pire. Pour qui a appris à plonger à poil en Bretagne,  les 30 ° de l’eau  me laissent tout simplement ébouillanté. Ah il me tarde de retrouver les néons et les embouteillages, croyez moi !

Suite à une délocalisation de dernière minute la plongée est prévue à Fares, dans le Nord de l’atoll. Une heure et demi de dhoni à moteur au milieu des Thila, Faru, îles désertes et autres couillonades de cocotiers cernés de corail et de sable blanc. C’est d’un lassant ! Pour les raisons évoquées plus haut on m’a attribué un collègue, un robuste maldivien du nom d’Hussain qui me servira de guide et de modèle et accessoirement veillera à ma sécurité. C’est toujours difficile de former quelqu’un à la photo « sur le tas » mais nous n’avons pas le choix. D’ailleurs, blague à part, il s’en tirera fort honorablement…

Maldives : Poisson coffreSaut droit, quelques bulles de champagne et l’eau turquoise disparait dans une transparence indécente. On voit tout d’en haut : Je me demande si ça vaut le coup de descendre… Bon, puisque j’y suis… Des surplombs, des arches couverts de corail mou jaune et bleu mais qui en photo sous la lumière des flashs apparait rose très pâle et blanc. Pas de couleurs vives alentour comme dans mon souvenir. Le blanchiment du corail dû à El Nino semble avoir drapé tous les décors marins de voiles de mariée… C’est une plongée pastel !

Heureusement quelques gaterins viennent promener leurs grosses lèvres devant mon objectif : Avec leurs corps zébré jaune et noir et les pétards rouges de quelques poissons écureuil, j’ai quand même l’impression de photographier en couleur !

HussainUn porche couvert d’alcyonnaires mérite qu’on l’immortalise. Je me place dessous, cherche mon cadre et m’apprête à diriger Hussain quand celui-ci me fait un signe précipité et fonce en oblique, dans le bleu. Je me retourne sans comprendre vers une palanquée qui arrive. Et je vois mon Hussain étreindre une japonaise, tomber le détendeur et discuter comme s’ils étaient au bar de la plage. Adorable candeur et maitrise de l’homme sur les éléments. Ils veulent même une photo souvenir et je m’exécute. Je comprends qu’il s’agit d’une ancienne collègue et, les effusions terminées, nous revenons à nos moutons d’alcyonnaires. Petite heure de plongée qui sera suivie de beaucoup d’autres…

Maldives : Banc de fusilliersA par ça ? Des poissons en pagaille. Des petits, des gros, des ronds, des carrés ! Les Maldives quoi, la routine…

N’attendez pas plus de littérature aquatique pour l’instant : Je suis crevé et tout paraîtra dans la presse, bientôt… Au fait, il fait grand beau et la baraka est toujours là : Les mantas… Je les ai vues !

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28 commentaires sur “Maldives : Plongeons sous la pluie !

  1. C’est vraiment vraie que ça a l’air dur la vie de journaliste…les conditions de travail ne sont plus ce qu’elles étaient mon bon monsieur.
    Si j’avais le temps :je vous plaindrai mais non pas le temps !!!
    J’adore ce ton en contre courant : cool
    Encore merci
    Cécile

  2. Je dejeunais l’autre jour lorsque nous avons aborde, je ne sais pourquoi, quelques mots sur les evenements climatiques. Une tentative d’explication du phenomene – eh oui, c’en est un – El Nino surgit subrepticement de ma bouche ave quelques bafouilles sur ses impacts. On me retorqua a ce moment : « El nino, oui, mais que fait La Nina ???? » Ne l’ayant jamais personnellement rencontre, j’en ai conclu qu’il vallait mieux me ruer sur ma boisson !

    (Meme fatigue, toujours en forme francis 😉

  3. finalement je suis content d’avoir choisie l’Egypte pour dans 4 semaines moi!!!
    Sur que les orages sont pas fréquent làs bas.
    Prépare ton arche de Francis et glisse y dedans quelques tortues et autre créature de mer chaude pour pouvoir préserver les espèces après le Tsunamie…
    Quoi qu’il en soit orage ou pas sous l’eau tu seras mouillé quand même alors autan en profiter un max
    Bonne continuation au pays des Mantas ou quelles sont pas !!!

    • Détrompe toi : Il n’y a pas souvent d’orages en Egypte mais quand il y en a un, c’est la fin du monde ! Les Wadis débordent et entrainent tout sur leur passage. Ce qui occasionne parfois cette mort stupide : Se noyer dans le désert !

      Je suis en train de construire mon arche. Comme espèces, j’embarquerais en priorité des poulettes…

  4. Les Mantas , les Mantas : c’est bien gentil de nous faire envi mais elles sont où ces photos et le récit des heures de plongées , histoire que la déprime s’installe définitivement…
    Cécile

  5. Wouhaaaa, ce coffre à bijoux ! J’en voudrais bien un comme ça, Francis !
    lol…le dur labeur auquel tu es condamné !
    Je lance à nouveau ici un SOS-alerte aux vases contaminées (TBT)-Baie de Quiberon- « La mer n’est pas une poubelle » !
    Manifestation à Vannes samedi 12 décembre à 15h Place des Lices.  (avec 17 associations, même sous la pluie !)
    Ceux qui ne peuvent venir…ont le moyen d’exprimer leur solidarité en manifestant par internet, d’un clic sur un tableau-logo en tête de mon petit blog ou sur cette page d’actualité (clic).
    Veux-tu bien, ainsi que les amis-plongeurs, diffuser tous azimuts cet appel ? Merci !
    Gros bisous d’une petite sirène en Bretagne

  6. Pour les Maldives… et retrouver la richesse d’avant El Niño.. il faut tout « simplement » descendre vers l’atoll le plus au Sud. Gan/Adhoo… selon l’apellation en divehi.

    Un grand grans atoll.. avec même par endroit de la vraie terre… oui vous avez bien lu…. Plus quelques chose qui ressemble à la polynésie vu la taille. Là El nino ce salopard, n’a pas fait de dégat, explosion de corail intact garantie.. en apnée sur la façade nord de l’ile, j’avais modestement vu 14 tortues… des carangues à plumes.. bref le meilleur des maldives, mais peu de requin car peu de courrant. Plonger sur la façade Est de l’atoll est tout simplement merveilleux, mantas, « vol » de raie aigle…. eau et luminosité buffantes.

    Superbe épave au milieu de l’atoll, le British Loyalty (coulé par un sous marin japonais, si vous le demandez gentiment je vous raconte l’histoire étonnante de ce navire) des table de corail de 70 ans et 2,5 à 3 m de diamétre…. et des cales qui malheureusement laissent encore échapper de l’huile, qui permet d’aillerus de repérer le site en surface à l’odeur…

    un seul hotel, à tendance germanique exclusive… et des moustiques en quantité…. enfin une ile où l’on peut aussi rencontrer des maldiviens, contrairement à la plupart de resort classique.

    Les madiviennes sont magnifiques, mais don’t touch.. hélas.

    • Je ne connais pas ces Maldives du sud mais j’avais eu l’occasion de faire une vraie expédition dans les atolls les plus au nord, sur autorisation spéciale. 1 mois sur un dhoni… Je confirme : c’est un autre monde… Tellement éloigné des îles « touristiques » qu’on se croit dans un autre pays…

  7. Pour trouver les Amldives « d’avant » El Niño.. direction l’atoll d’ADHOO ou GAN.  Le plus extreme de l’archipel de l’autre coté de l’équateur. Nino n’y a pas fait de dégats.

    L’archipel en question ressemble assez par sa taille et sa configuration à l’idée que je me fait de la polynésie, avec plusieurs kilométres de diamétre et 2 passes vers l’extérieur et pas mal de profondeur au centre.

    Le corail est strictement intact, la vie riche et dense. En PMT (tracté par un petit catamaran) nous avions fait une petite sortie apnée… vu juste 14 tortues dans 15 m de fond et des carangues à plumes…. du coté de la passe nord.

    La plongée le long de la cote Est reste bluffante…. eau claire et lumineuse le matin. 30 M de fond en gros, raies mantas, vol de raies aigle; peu de requins (pas assez de courrant) mais une bonne heure de pu plaisir.

    Le tout grâce à mon ami Jacques Collina Girard avec qui j’ai partégé une mission là bas en tant que plongeur support et garde du corps du chef de mission… dont le niveau open water et la consommation outrageuse d’air exigeait ma présence.

    Quel souvenir…. un mois dans ces eaux et 2 plongées par jour… et des solos terribles dans des endroits jamais fréquentés… BAA, RAA, Gan… etc etc….

  8. Jacques est un bon ami.. à l’époque « formidable » nous plongions ensemble tous les week end de l’année sur les bateaux de l’ami Jean Michel I.

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