L’internet fait-il des cauchemars ?

Vous êtes vous déjà demandé ce que deviennent toutes ces images, ces sons, ces textes qui circulent à travers l’Internet ? Ces petabytes d’informations binaires qui grouillent autour de nous à chaque seconde ? Tous ces champs électriques et magnétiques engendrés, qui rayonnent et s’échappent de « la matrice » : ont-ils rendez vous quelque part, en quelque inconscient collectif cybernétique ? Existe-t-il un « paradis de l’information », bien caché dans le « Cloud » ? Routeurs, ordinateurs personnels : ces objets inanimés auraient donc une âme ?

Je vous dis ça parce que (et tout le monde a déja fait cette expérience…) quand on veut montrer quelquechose dont on est fier à quelqu’un sur un PC, subitement, plus rien ne fonctionne ! C’est une règle. Ce qui prouve deux choses : Premièrement, les machines n’en font qu’à leur tête et le résultat dépend de la façon dont on les traite. Deuxièmement, il y a des personnes qui émettent des « ondes négatives » à l’endroit des ordinateurs, ce qui provoque des bugs. Bon, il s’avère que depuis, je suis passé aux Macs et que mes machines ont perdu tous ces pouvoirs. Comme quoi il n’y avait rien de surnaturel là dedans…

« Oui, HAL, tu feras des rêves… »

Mais la question est quand même prise très au sérieux par les théoriciens de l’information et les architectes des réseaux. Subsiste-t-il « quelque chose » de « l’information » qui transite de toute part ? Pourrait-elle un jour s’organiser par elle même pour être capable de raisonnements, de sentiments, de souvenirs, bref, de tout ce qui caractérise la vie humaine ? Voire de se dresser contre leurs créateurs ? Un thème vieux comme le monde de la science fiction…

Ce qu’on sait par contre, c’est que la complexité des grandes infrastructures mondialisées est aujourd’hui telle que personne ne peut dresser la carte précise de leur interactions, « physiques » ou virtuelles. L’énergie, la finance, sans parler de l’Internet, sont livrés pour une grande part à eux mêmes, obéissant aux mathématiques fractales. Quelque soit notre sentiment d’autodétermination, il ne faut jamais oublier que nous ne faisons que barboter dans l’écume du chaos. De minuscules changements de paramètres dans nos vies aboutissent à des destins imprévisibles. La théorie des catastrophes de René Thom le montre très bien. Autrement dit, quelque soient les précautions prises, on ne peut prévoir l’évolution « catastrophique » d’un système, à fortiori en roue libre (c’est le fameux « le risque zéro n’existe pas, gna gna… » et son acolyte : « le principe de précaution, gnon, gnon »…). Tout ce qu’on cherche à nous faire avaler d’autre est simplement scientifiquement faux !

Mais qu’en est-il des rêves ? Tentons une définition : fantasmagories originales et renouvelées, sans existence physique et fugaces dans le temps. Quels seraient leur équivalents cybernétiques ?

L’artiste génératif argentin Leonardo Solaas propose une poétique interprétation du concept sur son site Dreamlines. Le programme génère une image animée, unique, imprévisible, et aussitôt diluée dans le temps. Comme les rêves…

Avec pour terreau l’inconscient collectif de l’Internet, ses billiards d’images et de mots clés. Un processus assez semblable à notre mémoire et associations d’idées…

Vous entrez des mots clé et ensuite, le programme va chercher des éléments sur l’Internet (c’est assez long) avant de se mettre à dessiner sous vos yeux. Sans fin. Vous assistez alors en direct aux rêves de l’internet… J’ai tapé « plongée », évidemment, et … c’est plutôt bluffant. Essayez vous même ! Et, au fait, coupez l’ordinateur en sortant. A la prise…

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