Adobe Lightroom 2.1Revenons donc à nos petits tutoriaux photo… Je vous parlais récemment du format RAW, gage de qualité pour tirer le meilleur parti de vos images numérique. Petit préambule :  Aujourd’hui, le photographe doit aussi être graphiste et maîtriser l’ordinateur et quelques logiciels. Cela semble un lieu commun mais combien d’entre-vous négligent les incroyables possibilités du post traitement ? En effet, en numérique, la production d’image « photographiques » doit être considérée en 2 temps :

  1. En studio ou sur le terrain, l’acquisition du signal et l’obtention de l’équivalent d’un « négatif » argentique.
  2. Devant l’ordinateur, le « développement » : la production de l’image finale. C’est au niveau de cette deuxième étape qu’interviennent nombre d’effets que nous faisions jadis à la première. Je pense à l’application de filtres dégradés et d’autres encore plus exotiques, aux expositions multiples sur le même film pour faire de « l’HDR manuel », etc. C’est un changement complet de philosophie.

Si j’extrapole, les reporters vont disparaitre, remplacés par des milliers de « vous et moi » munis de capteurs toujours plus perfectionnés, le sens artistique et la technique n’étant plus nécessaires. Les artistes interviendrons après, travaillant sur cette matière brute… Fiction ? Pas du tout, on y est déjà ! Mais je m’égare…

Quel logiciel pour nos fichiers RAW ? Il en est un qui surclasse tous les autres, c’est Lightroom d’Adobe dont la version 2.1 en français vient de sortir. Avec des améliorations extraordinaires par rapport aux versions précédentes. J’ai toujours été fan de ce soft depuis les premières beta. Car c’est un logiciel réellement pensé pour les photographes avec une ergonomie et une interface à la fois splendide, efficace et très intelligente. Et ce n’est pas un hasard si Adobe a intégré dans l’équipe Kaï Krause, le génial ergonome déjà auteur de l’interface de Bryce et des filtres KPT pour Photoshop. Travaillant plus que jamais en tandem avec Photoshop CS3 (bientôt CS4), avec Lightroom vous pourrez tout faire, au prix d’un court apprentissage et d’une véritable révolution culturelle dans votre façon de travailler. A la clé, un gain de temps considérable dans le traitement et l’exploitation de vos images. C’est ici qu’il faut prendre conscience de l’importance de ce qu’on appelle un flux de production. Quelle est en effet la problématique du photographe ?

  • Transférer les images de l’appareil photo à l’ordinateur
  • Sélectionner les bonnes images
  • Travailler ses images
  • Classer et retrouver ses images (quand on en a des centaines de milliers, l’outil prend tout son sens…)
  • Appliquer des légendes, des mots clé, un copyrignt…
  • Préparer une sélection, un diaporama
  • Envoyer des photos par mail, les imprimer, les présenter sur le web, creer des version basse et haute définition pour la presse…

On ne pense souvent qu’au « traitement de l’image » alors que toutes les autres opérations sont aussi importantes. Mais habituellement, on procédait à ces ajouts à différents stades du flux. Avec des redondances et des pertes de temps et d’information considérables. Typiquement : Je transfère mes photos, j’en travaille certaines, je les classe dans des dossiers avec une logique discutable (je passe des heures à chercher, quelques mois plus tard), j’enregistre en TIFF ou PSD, je recadre, applique un encadrement, ajoute un filigrane, une signature sur un calque, j’enregistre en Jpeg, j’ajoute des légendes sous Bridge, je télécharge par exemple sur mon site, sur Flickr, Facebook ou Picasa. Tiens, on me demande des mots clé : je les ajoute à ce moment. Et soudain, j’ai besoin d’une autre sélection incluant des images éparses, d’une taille et d’une résolution bien précise : et tout recommence. Ce temps est révolu ! Désormais, tout se fait et se contrôle au niveau de Lightroom (développement, effets, légendes, mots clés, export dans différents formats, upload vers le web, etc). Il y faut un peu de rigueur mais l’efficacité est au rendez vous. Il existe de nombreux sites traitant de ce fantastique logiciel : Voici l’exemple d’un autre flux de production sur Lightroom.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que Lightroom n’est pas un logiciel graphique de plus pour bidouiller les images, mais une base de données. Ce n’est plus au photographe de créer des arborescences de dossiers avec des doublons partout : le logiciel s’en charge, et sans doublons grâce à des copies virtuelles. Enfin, le plus important : les opérations sont non destructives. Autrement dit, Lightroom conserve les fichiers Raw absolument intacts (fondamental) pour ne travailler que sur des copies virtuelles. Seuls les images exportées dans le format voulu ont une existence « physique ».

Sans entrer dans les détails (d’autres sites très bien faits existent en nombre sur le sujet) voici les nouvelles possibilités de la version 2.1 :

  • Intégration parfaite avec Photoshop CS3
  • Apparition d’un outil de correction local (rien que pour ça…il faut acheter !)
  • Application de dégradés
  • HDR intégré
  • Gestion de deux écrans
  • Gestion de plugins d’export

Ce qui manque hélas toujours, selon moi :

  • Impossibilité de modifier le style des filigranes, leur position et l’insertion de signatures. Mais un plugin existe qui le fait très bien.
  • Impossibilité de réordonner les photos sur la table à lumière et d’enregistrer l’ordre (Bridge le fait) ce qui est essentiel pour rythmer l’histoire que vous racontez en photo. C’est du moins comme cela que j’ai appris à travailler. Peut être que la fonction existe mais je ne l’ai pas trouvée. Si vous avez des idées…

Pour rester dans le pratique et terminer sur un exemple qui vous montrera les fantastiques possibilités d »Adobe Lightroom, voici comment je procède.

  • Dès le branchement USB de l’appareil, Lightroom se lance et importe les images en les classant par dates, ou autre, et en appliquant des metadonnées « de base » : copyright, mail, adresses, légendes générales, ou tout ce que vous voulez…
  • Sélection rapide des bonnes images et traitement ce celles-ci (traitement par lots très efficace)
  • Éventuellement application d’autres effets via Photoshop (Lightroom le lance et récupère l’image après)
  • Insertion des légendes et des mots clé, en partie automatisé (c’est ici que tout se fait. Il ne faut rien rajouter sur vos images avec des logiciels tiers)
  • Création de sélections
  • Export automatisé aux formats préalablement définis (TIFF, PSD ou JPEG en 72 dpi, 300 dpi, corrections ultimes X ou Y, taille, cadre, filigrane, signature…) Et autant de fois qu’on en a besoin. Calculez le gain de temps !
  • Mail direct depuis Lightroom (sélection multiple et export par mail, optimisé)
  • Export de collections et organisation automatique en albums sur Facebook, Flickr et Picasa (les mots clé, par exemple, seront exportés aussi et intégrés ou il faut !)

Comparez avec votre flux de travail actuel : que de temps gagné ! Vous ne trouvez pas ?

Dans les articles suivants, nous entrerons dans les détails de l’utilisation, notamment pour la correction des images. Si d’ici là vous avez des questions, n’hésitez pas !