Les mérous de l’île verte

Ce week end, j’étais donc sous les eaux bleues de la Méditerranée, autour de l’île verte, au large de La Ciotat. Temps calme, légèrement grisonnant, dans un conglomérat empoissonné à souhait : bancs de sars, gros dentis frôleurs et… mérous ! Epinephelus marginatus lui même. Si ! Car je répondais à l’invitation du GEM, Le Groupe d’Etude du Mérou, en pleine opération de comptage autour de cette petite île.

On retrouve dans cette association des scientifiques comme le sémillant Jean Michel Cottalorda de Sophia Antipolis, l’inoxydable Jo Harmelin, de la station marine d’Endoume et quantité d’autres spécialistes et bénévoles qui se consacrent, avec des résultats, à la sauvegarde du mérou brun de Méditerranée. L’occasion de signaler la sortie de Marginatus n° 11 disponible sur l’excellent site du GEM.

Je plonge ce jour là avec mon habituel complice indigène Antony Leydet, égrenant des bulles distraites le long d’un tombant bleu nuit où s’allument des chandeliers pourpres. Castagnoles explosives, armées de sars, fontaines de saupes et des mérous bruns, tachetés, virevoltant, libres. Partout. Dans les 40 m, les 30 m, au débouché des canyons à 20 mètres… Je n’en ai jamais vu autant en une seule plongée.

Et dans le bleu, munis de caméras, d’appareils photo, de listing et de cartes étanches, les « Mérou Angels » cochent. L’île verte est ceinturée par deux palanquées. Les mérous sont comptés tandis que leurs jours ne le sont plus grâce au moratoire sur sa capture. Organisation impeccable. Opération Tonnerre…

Celui qu’a jamais entendu le moulinet filer peut pas comprendre !

C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Gérard Carrodano, chargé de la logistique. Au fin fond des Chantiers Navals désaffectés, j’entrais dans la République Autonome de Carrodano… Lieu improbable, isolé, protégé, et en même temps à un jet de pierre de yachts somptuaires blessés, à la démesure dérisoire. L’homme y travaille dans quelques baraquements sur une jetée lointaine, entouré d’eau bleue, de trois labradors, d’une femme et de centaines de pensionnaires à écaille. Car on cultive ici chapons, sars, mérous mais plus étonnant, langoustes et cigales, étoiles de mer, gorgones… C’est l’arche de Noé de la Méditerranée. Partout des bouteilles de plongée, compresseurs, moteurs éventrés et bateaux bien vivants… Ici on plonge, on explore, on pêche, on prélève. l’Aventure existe encore…

Gérard est un ancien champion de chasse sous marine mais aussi un protecteur de la nature. Plongeur ET Patron Pêcheur ; qui va prélever à la main des espèces rares à 70 m pour les chercheurs et les aquariums. Un pêcheur à la ligne aussi. Avec des récits fortement teintés d’Hemingway. Une grande gueule comme je les aime qui n’a pas sa langue dans sa poche quand il s’agit de parler de Parcs Marins, de réserves, de la sauvegarde du thon et autres sujets sensibles… On dirait un film. Nous en reparlerons.

Alors ces mérous ? Et bien ils reviennent Effectivement : pas moins de 6 vus au cours d’une simple plongée dans les 25 mètres. Et les photos ? Mmmm, je sais, je sais… On les a vus, on vous dit !

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3 commentaires sur “Les mérous de l’île verte

  1. Bonjour Francis.Nos toutous de mer reviennent, et les biologistes surveillent:,à la bonne heure !

    Maintenant que le froid arrive,on espère que vous aurez d’autres bonnes nouvelles en direct de la Grande Bleue, Mr Le Guen. Parce que boire de la bonne soupe au coin du feu ça réchauffe les longues soirées d’hiver, mais les occuper à buller devant un bon Carnet de Plongée,c’est quand même mieux…

  2. Une bonne saupe froide aux herbes sous marine de Provence, voilà ce qu’il vous faut ! Je sors présentement de l’herbier de Sormiou, figurez vous. j’y ai vu les loups mais pas le chaperon rouge…

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