S’il est bien un sujet qui agite les écologistes, c’est le nucléaire. Or, depuis l’arrêté ministériel du 24 juillet 2003, s’intéresser à l’atome est devenu illégal : secret défense ! Passer outre ce texte est puni de cinq ans de prison et d’amendes de 75 000 euros !

nucleaireUne pétition organisée par la CRIIRAD (http://www.criirad.com/) tente de faire abroger cette loi. Sans entrer dans la polémique, force est de constater que nous n’entendrons bientôt plus parler de centrales qui surchauffent, de convois radioactifs traversant les villes, des risques sismologiques ou terroristes, ou des pompages et rejets d’eau trop chaude dans nos fleuves… Rappelons simplement quelques faits : 75 % de l’électricité produite en France est d’origine nucléaire (59 centrales), celle-ci ne représente que 50 % de notre énergie consommée. La différence est exportée.

A chaque habitant son kilo…

Notre industrie nucléaire est performante et pollue moins que les centrales thermiques par exemple. Reste le problème des déchets radioactifs. Pour ne citer que les chiffres officiels de la Cogema (www.cogema.fr) :  » Pour les années 1987 à 1997, le volume des déchets s’établissait de 279 m3 à 112 m3 par réacteur et par an. Soit moins d’un kg par habitant dont plus de 90 % sont inoffensifs au bout de quelques dizaines d’années. » Car ces déchets se caractérisent par leur activité (l’intensité des radiations) et leur durée de vie. Le plutonium 239, dont nos centrales produisent 11 tonnes par an, a une demi-vie de 24 000 ans. C’est-à-dire que la radioactivité décroît de moitié au bout de ce temps «géologique». L’iode 129 lui, a une demi-vie de 16 millions d’années. Un sacré pari sur l’avenir !

Le trésor des alchimistes

Ne doutons pas que les scientifiques planchent sur le sujet. Ici et là apparaissent des idées … Des chercheurs anglais et allemands sont ainsi parvenus à transformer grâce à un laser de l’iode 129 en iode 128. L’élément obtenu est radioactif aussi, mais sa demi-vie est de 25 minutes ! La transmutation est aujourd’hui possible : transformer des éléments radioactifs en éléments «inertes» comme le plomb… ou l’or. Sauf que cette solution prônée par le CEA n’est pas encore au point et de rendement très faible. Le retraitement : il s’agit de recycler les matières radioactives et d’en extraire les radioéléments les plus dangereux. Le reste est compacté et vitrifié pour un stockage ultérieur. Dans des couches géologiques profondes, mais on ne sait où, voire dans les fosses océaniques (excellent pour la chaîne alimentaire…)

Plutonium ou Herculanum ?

Les volcans ! Cette idée est proposée par Philippe Jean Coulomb, de l’Université d’Avignon : un volcan dormant possède souvent un lac de lave. Les mouvements de convection de la roche fondue entraîneraient les déchets vers le fond où règnent températures et pressions extrêmes. Un incinérateur naturel à l’échelle des temps géologiques qui recyclerait du basalte, du granit, et au pire, de l’uranium… naturel. Mais qui prendra le risque d’essayer sur l’Etna ?

Le courant venu de la mer…

Utiliser l’énergie des courants marins avec des «hydroliennes» ! Le raz de l’île de Sein est pressenti pour une centrale de ce type : les courants sous-marins seraient moins fluctuants que les vents. Un projet d’immersion de 4500 hydroliennes formant une chaîne de 21 Km est ainsi à l’étude en France, mais EDF fait barrage : «l’opérateur national est notre concurrent, et il est impliqué dans un projet anglais », précise Jean-François Daviau, le fondateur d’Hydrohélix, créée à Quimper il y a 3 ans.