La rugosité de Mélenchon est fractale !

Voilà un bon moment que je vous casse les pieds sur ce blog avec les fractales et voilà que la presse spécialisée s’en fait désormais l’écho. Beaucoup m’ont déjà demandé pourquoi je m’embarquais dans cette galère. Voici quelques éléments de réponse, illustrés par l’excellent documentaire américain « Fractales, à la recherche de la dimension cachée« , diffusé il y a quelques temps sur Arte et que je vous encourage à regarder pour bien saisir le propos. De la belle ouvrage qui fera comprendre les enjeux aux moins matheux d’entre nous. Savez-vous par exemple que vous possédez tous une « éponge de Menger » au sein de votre téléphone portable ? Après avoir visionné ce film, gageons que vous ne regarderez plus le monde de la même façon… Et comprendrez un peu mieux ma fascination pour ce domaine de la connaissance.

Partie 1

Partie 2


Partie 3

Partie 4

Édifiant, n’est-ce pas ? Pour en revenir à ma petite personne, en dehors du fait que je me sers de ces logiciels de génération de fractales pour des recherches personnelles à vocation artistique (utilisant les ordinateurs et logiciels comme toiles et pinceaux) j’ai toujours été fasciné par ce que les fractales nous révèlent de la nature. Et ce, dès la lecture en 1975 du premier ouvrage de Benoit Mandelbrot : Les objets fractals. Forme, hasard et dimension réédité depuis chez Champs Flammarion.

Je fais partie de la génération qui apprenait dans les manuels de géographie « la longueur des côtes françaises ». Occupé en été à sautiller sur les rochers granitiques de la Bretagne nord, j’avais déjà compris que tout cela n’était que foutaises et dépendait évidemment de l’échelle et de la précision de la mesure. J’étais par ailleurs fasciné (et le suis toujours) par la notion d’infini. En bref, si l’on veut avoir une chance de pénétrer un peu la poésie et les secrets de la nature, il faut s’intéresser aux fractales. Et dans le monde sous-marin en particulier ! Qu’est-ce qu’une gorgone ? Une anémone ? un récif de corail ? un champ d’algues ? Un coquillage ? Des Frac-Tales ! Oui ! De dimensions comprises entre 2 et 3.

Alors, tout le jeu des fractalistes actuels est de « voir cette nature » (l’inventer ?) avec des dimensions supérieures. Par exemple, à quoi ressemblerait votre dulcinée à la dimension 3, 7 ? ou 4, 8 ? Hein ? Oui, pas très jojo, en effet… C’est vous qui voyez…

Un juif et un pied-noir

Au passage, à l’heure où l’on parle de déclin de la France, et d’une triste actualité, ce petit coup de clairon pour rappeler que Benoît Mandelbrot était français (juif d’origine polonaise), universitaire à Lille avant d’émigrer aux Etats-Unis et que Gaston Julia (d’origine espagnole et algérienne), autre mathématicien français, avait le premier jeté les bases des OMNI (objets mathématiques non identifiés). On leur doit tout. Oui, tout ce que vous voyez aujourd’hui autour de vous et bien au delà est fractal. Et la plupart des logiciels de vos ordinateurs utilisent la géométrie fractale. Et pas seulement pour faire des dessins…

Les artistes au pouvoir !

Ces visuels ont eu un succès fou dans les années 70, les années LSD. Ceci explique peut être cela. Mais pas d’engouement comparable semble-t-il avec la nouvelle révolution des fractales « en volume » dont je vous entretiens régulièrement ici avec une obstination pathologique. Est-ce trop complexe ? Je ne le crois pas. L’intérêt va venir ! Certains de mes proches m’accordent une certaine vison à longue portée. J’aime en effet me projeter dans ce que sera demain et le futur proche… Et je suis certain que cette nouvelle forme d’expression va faire son chemin et peut être occasionner des découvertes inattendues…

Certains artistes ont toujours reproduit des fractales « à la main », parfois sans le savoir. Hokusai, comme montré dans le documentaire mais aussi les Hindous qui ont inventé le cachemire, les balinais sur certains motifs de temples, Jackson Pollock… D’ailleurs, on le sait bien, les plus grandes visions « scientifiques » ont toujours été le fait des poètes, des musiciens, des artistes en tout genre enfin, qui « voient » une autre réalité.

Je suis presque certain qu’en analysant les variations Goldberg de Bach par exemple, on découvrirait aussi des fractales… [media id=47 width=395 height=20]

Les grands chercheurs (et trouveurs) le savent bien qui ne font pas la différence. La dichotomie opérée entre les « littéraires » et les « scientifiques » lors de l’orientation (sans parler des « manuels ») apparait ainsi particulièrement débile. Irresponsable « Education Nationale »… Ce n’est pas « dégraisser le mammouth » qu’il aurait fallu mais bel et bien le renvoyer au fond du permafrost sibérien ! Pour éviter l’échec scolaire qui touche tant d’élèves « différents », toute une éducation « pythagoricienne » serait à repenser…

Alors oui, les fractales m’ont aidé à mieux comprendre ce que j’ai observé dans la nature. J’ai toujours été un naturaliste. Humble, curieux et forcément respectueux. Mais pas écologiste ! Cette appellation passée dans le langage courant me fait toujours bondir : l’écologie est une science, pas un parti. Ecologue, oui. Passons… Et (faut-il encore le rappeler ?), il n’est pas question d’avoir la prétention de « sauver la planète » qui en a vu bien d’autres (pourquoi pas sauver l’univers, tant qu’on y est ?) mais de nous sauver nous mêmes, embarqués que nous sommes, tous à bord du même vaisseau Terre, avec notre petite provision d’eau et d’air…

La découverte de la géométrie fractale signifie-t-elle que nous avons percé tous les secrets de la nature ? Loin de là. Et il faut désormais compter avec les nouvelles équations et leurs projections 3D, 4D et plus… Des univers qui existent peut-être, au sein de notre « réalité », ou ailleurs, dans d’autres univers parallèles. Il faudra que je vous parle un jour de la « Superformula » qui vaut aussi son pesant de cacahuètes (fractales).

La rugosité de Mélenchon

Que vient faire Jean Luc Mélenchon dans ce chaos (attention aux contrepèteries…) ? Je ne vote pas pour lui, ne mélanchons pas tout… Mais si je fais une incursion dans la politique c’est parce qu’il est fractal, lui aussi, balloté par les sondages au gré des itérations de l’opinion. Comme la Bourse, la Finance, le serpent monétaire qui se mord la queue… Chercher un ordre dans le chaos ? Pourquoi pas… Rendez vous aux prochaines élections.

En tout cas, le « sous-marin Hollandais » (ce qui rappelle un peu l’opéra Wagnérien « le hollandais volant ») nous divertit par sa langue verte, ses rouges colères et pour tout dire ses qualités de tribun qui rendent cette campagne électorale un peu moins ennuyeuse. Et c’est votre préféré, sûr que vous êtes qu’il ne sera pas élu. Nous avons semble-t-il besoin en France de ces talentueux trublions qui flattent notre instinct révolutionnaire. Avant de revenir dans les rails du conformisme et de remettre le collier… Et puis surtout, j’avais envie de fractaliser Mélenchon. C’est chose faite !

Blague à part, c’est terrible de se dire que notre misérable existence n’est que statistique et fluctuation du chaos. Encore une leçon d’humilité pour tous ceux qui croient « changer le monde »…

Enfin, parce qu’il faut toujours revenir aux sources, voici une conférence publique de Mandelbrot lui même, donnée pour le TED en 2010 en Californie. Quand un vieux bonhomme est applaudi comme une rock star, cela donne des raisons d’espérer…

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11 commentaires sur “La rugosité de Mélenchon est fractale !

  1. Votre remarque sur Bach laisse entendre que vous pourriez trouver votre bonheur chez Douglas Hofstadter, l’auteur de « Gödel, Escher, Bach : les brins d’une guirlande éternelle ». Prévoyez quelques heures :).

    • Excellent, merci ! Je vais effectivement le lire. Les 3 « sujets » sont passionnant. Escher bien sûr et Gödel, notre plus grand logicien. Qui croyait d’ailleurs aux démons sur la fin de sa vie… BTW il existe aussi des softs pour triturer de la musique fractale. Pas encore testés.
      J’ai cru reconnaître la grotte Chauvet sur votre blog… Markov disiez vous 😉

  2. En effet ! Va pour Chhh, comme le bruit que ferait une boisson gazeuse rafraîchissante enfin libérée de son carcan gris métallisé 😉

    Belle journée à vous 😀

  3. Bonjour Francis,
    Excellent article que celui-là, et les vidéos qui l’accompagnent sont bien choisies !
    L’analyse est fine et objective, et vous le devez certainement à votre métier de journaliste-reporter toujours confronté à la réalité, aux expériences vécues ; et parfois ça doit vous faire plaisir de remettre les choses à leur place, dans leur contexte et dans la vérité qui vous est propre : ce qui fait tout le charme de votre personnalité, votre singularité et votre exceptionnalité.
    Pour ma part, votre sincérité, votre curiosité m’ont épatée depuis longtemps déjà, ce n’est pas tous les jours que j’ai eu la chance de dialoguer via internet avec une telle personne que vous !
    Ceci dit, je voudrai ajouter un petit point de vue qui m’est personnel :
    « Pour avoir un sens aïgu et affiné de l’avenir proche et du futur, la démarche est, je pense, avoir fait la synthèse du passé, et bien comprendre le présent dans lequel nous sommes (ce qui représente un travail, mine de rien) : ça suppose aussi de faire un épluchage analytique des infos, actualités, sources etc… »
    En bref, un travail de rigueur et en profondeur sont aussi à la clef de la réussite d’une meilleure compréhension dans le monde dans lequel nous vivons. C’est un sujet qui me passionne également.
    Je vous souhaite une très bon week end et mes très bons sentiments. Catherine

    • Bonjour Catherine
      Le film est vraiment très bien. J’aurais voulu le faire… 😆
      Concernant la « futurologie », c’est un fait que tous ceux qui s’y sont essayés se sont trompés… Mais tout de même, j’ai quand même eu le bonheur de voir des choses se réaliser à l’échelle de la dizaine d’année.
      Pour vous rejoindre, je trouve qu’on oublie un peu trop l’histoire. Sans être passéiste, c’est plein d’enseignements dans la mesure où, comme me le disais le Grand Théodore Monod que j’ai eu la chance de rencontrer : « La nature de l’homme n’a pas vraiment changé depuis le Néolithique même si la technologie et les sciences ont fait un pas de géant… ». Les erreurs et égarements d’hier se reproduisent souvent aujourd’hui, les mêmes causes produisant les mêmes effets.

  4. Merci pour cette phrase qui n’est pas politiquement correcte mais qui m’a ravie :
    « Et (faut-il encore le rappeler ?), il n’est pas question d’avoir la prétention de « sauver la planète » qui en a vu bien d’autres (pourquoi pas sauver l’univers, tant qu’on y est ?) mais de nous sauver nous mêmes, embarqués que nous sommes, tous à bord du même vaisseau Terre, avec notre petite provision d’eau et d’air… »

    Vouloir sauver la planète, oeuvrer pour les générations futures !
    Quelle mégalomanie !

    Penchons nous d’abord sur notre voisin et ce qui existe à ce jour.

    • Merci de votre réaction. En effet, je ne suis pas « politiquement correct »… Et encore, je me retiens ! Notre société hypocrite a les moyens de faire taire les « grandes gueules », j’ai eu plusieurs fois l’occasion de le constater à mes dépends. Toute vérité n’est pas bonne à dire… Et je crois que le phénomène de la pensée unique s’amplifie à mesure que les moyens de communication de masse se développent.
      L’histoire des générations futures est un très beau concept mais d’origine controversée. Un proverbe Navajo : « Nous ne possédons pas cette Terre mais l’empruntons à nos enfants »… Et puis Cousteau qui a fait passer aux Nations Unies « le Droit des générations futures », conseillé par un philosophe, Michel Serres je crois. On ne peut qu’y souscrire. Le problème est que cette maxime ronronnante chez beaucoup de « bien-pensants » se suffit à elle même, comme un passeport de moralité, jusqu’à la nausée… Reprise en cœur par les grands « pollueurs » historiques conseillés par les plus grandes agences de « désinformation verte », juteux business…
      « Le risque zéro n’existe pas ! » (autre maxime bien énervante…). Or, que faisons nous ? Alors que l’Allemagne décide de sortir du nucléaire, nous persistons et développons cette industrie avec un beau consensus politique. Et exportons à tour de bras cette technologie vers des pays qui n’auront peut être pas les moyens de maintenance adéquate dans le futur.
      Le problème est qu’il ne s’agit pas de sacs plastiques, de pesticides et autres avatars de nos sociétés consuméristes, exclusivement tournées vers le profit à court terme ; tous ces problèmes graves que la technologie pourrait nous permettre de surmonter un jour. Non, cette fois c’est un pari sur l’avenir. Personne ne sait aujourd’hui traiter les déchets nucléaires. On espère que ce sera possible un jour… Pas grave…
      Après tout, le Plutonium (pour ne parler que de ce radio élément) n’est jamais que le composé chimique le plus toxique connu. Sans parler de sa radioactivité. Le Plutonium 239 de « qualité militaire » par exemple à une période insignifiante de 24 000 ans. C’est à dire que la moitié de sa masse seulement aura disparue au bout de ce laps de temps, transmutée en d’autres éléments radioactifs… L’isotope 242 a lui une demi vie de 373 000 ans. Le Neptunium 237, de 2,2 millions d’années. L’uranium 235, de 23 millions d’années… Ah, mais alors, tout va bien ! Ma génération future à moi, mes deux enfants, ils seront morts !
      Ah ! Je viens de perdre mon triple A… (Association des Amateurs de l’Andouillette)

  5. Sinon pour être un peu sérieux, si vous aviez lu « À la conquète du chaos » de Jean-Luc Mélenchon (avec un « e ») vous auriez vu que lui aussi s’est inspiré du travail de Mandelbrot.

    • Cette faute récurrente a été corrigée… Je me suis mélanché les pinceaux. Mea Culpa. Ainsi le leader du Front de Gauche connaissait les fractales. Ce dont je ne doute pas car l’homme montre une grande culture… Merci de ces précisions qui, du coup, justifient le billet…

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