Pas un été sans qu’on ne parle de sécheresse ou de nappes phréatiques exsangues. Mais  qu’est-ce qu’une nappe, au juste ? Visite guidée de la plus vaste d’entre elles, au cœur de l’Essonne des cressiculteurs.

barberotLa terre est ainsi faite qu’elle boit l’eau du ciel et la conserve en profondeur, le plus souvent au dessus d’un niveau imperméable, argiles ou marnes. Cette eau presque immobile, en partie fossile, est insoupçonnée puisqu’on ne la voit pas ! Et pourtant, la nappe des calcaires de Beauce, l’un des plus importants réservoirs d’eaux souterraines en France, couvre une superficie de 9000 km2 sous 6 départements. Elle alimente la Seine, le Loir, la Loire, directement ou par l’intermédiaire d’affluents (Juine, Essonne, Eure, Conie, Aigre, Mauves…) qui sont autant d’apparitions de la nappe dont ils dépendent entièrement et qui modèlent le paysage d’Ile de France.

Le bassin Seine-Normandie a été choisi par les Nations Unies pour le Programme mondial d’évaluation de la ressource en eau.

Depuis 95 le niveau souterrain de la nappe est surveillé par 11 piézomètres, points d’accès à l’eau, soit manuellement au moyen d’une sonde que l’on descend dans l’ouvrage, soit en continu grâce à une centrale d’acquisition de données. La région compte plus de 60 de ces piézomètres qui ont été installés pour la plupart dans les anciens puits de ferme. Puits plats beaucerons, puits cylindriques en pierre de la Nièvre : à vous de visiter ces regards sur l’eau secrète… En janvier 1994, à cause de forages agricoles trop gourmands, on a atteint le seuil d’alerte de 103,90m et ce pendant plusieurs années. Aujourd’hui, la cote est au-delà de 110m, le niveau maximum. Il advient que l’altitude du terrain rejoigne celle de la nappe, comme à Méréville, dans l’Essonne. Alors, l’eau sort de terre en puissantes et belles sources. On y observe même des puits artésiens : quand le niveau du sol est encore plus bas que celui de la nappe, l’eau jaillit sous pression, en parapluie, selon le principe des vases communicants. Une température constante de 21°, un débit appréciable, une grande richesse en oligo-éléments : il n’en fallait pas plus pour que la région devienne le leader français de la production du cresson. Cette plante aquatique et savoureuse, qu’on appelait au Moyen Age «santé du corps» tant ses vertus sont nombreuses, fait ici l’objet de récoltes toute l’année. Des visites guidées passionnantes y sont organisées et ne manquez pas de goûter l’apéritif au cresson. Tonique !

Renseignements : Ets. Barberot, 91660 Méréville. Tel. 01 64 95 00 64. www.terre-net.fr/cresson_villapaul/

Les phosphates reculent !

On connaît les méfaits des effluents dans nos rivières : les algues vertes prolifèrent en consommant l’oxygène disponible, c’est l’eutrophisation. Sur les côtes, l’invasion de l’algue comestible Ulva Lactuca, «la salade» des plaisanciers est une plaie pour les pompes des bateaux et les narines quand cette biomasse se décompose… l’Institut Français de l’Environnement a calculé que les 90 rivières débouchant en mer, soit une surface de 507 300 km2 peuplée de 53,3 millions d’habitants, apportent chaque année 646 000 tonnes d’azote et 43 800 tonnes de phosphore. Champion : le Bassin de la Seine ou les flux de phosphore sont en diminution, de 10100 t/an, soit 1,9 g/habitant/an. En Bretagne nord et en Normandie, le taux de phosphore baisse entre 2,5 à 4 g/habitant/an. Ces dernières régions détiennent hélas aussi le record de pollution par les nitrates. La Convention OSPAR (http://www.ospar.org), engageait les 15 pays signataires et l’Europe à réduire de 50 % leurs apports de polluants au milieu marin entre 1985 et 1995. La tendance est bonne pour l’ammonium et pour le phosphore mais le total des nitrates émis en 1999 (375 000 t) est près du double du tonnage souhaité pour 1985…

ECO-BREF

La bonne idée mustélidés

La martre, la belette et le putois sont retirés de la liste nationale des espèces nuisibles. Cette mesure était réclamée depuis longtemps par toutes les associations de protection de la nature. Yves Cochet, ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement, a tranché le 21 mars dernier.

Un dauphin bordelais

C’est le 1er avril que les pompiers de la brigade fluviale virent un grand dauphin nager en plein centre de Bordeaux, entre la place de la Bourse et le pont de Pierre ! En bonne santé, le dauphin semblait pêcher. Il n’a pas été revu depuis le 3 avril. Meilleure qualité des eaux de la Garonne ou simple erreur d’orientation ?

Chasse sans plomb

Interdiction des cartouches à grenaille de plomb dans les zones humides. Cette mesure est unanimement acceptée mais son échéance était contestée par les chasseurs concernés. Elle sera finalement appliquée le 1 juillet 2005

Tout chaud !

En Bretagne, Michel Thiery propose des stages de boulange avec un authentique four à bois. Tel. 06 62 78 57 20