La grotte à Pères

Pères… Ancien directeur de la Station Marine d’Endoume et scientifique de renommée internationale avait entrepris d’élever des éponges. Il choisit pour cela un endroit tranquille, une petite grotte de l’île Plane, sans se douter que cette plongée deviendrait une classique et porterait son nom… Ce matin, c’est Gérard qui m’accompagne, m’ayant prévenu qu’il consommait beaucoup. Ce robuste niveau 3 de 58 ans d’origine marseillaise utilise même un ordinateur qui indique le rythme cardiaque. Bigre ! Pas question donc de pratiquer mon style de plongée habituel. Qu’à cela ne tienne, je parviendrais tout de même à nous faire plonger plus d’une heure grâce à un profil décroissant adapté. Tout commence à trente mètres, sur l’éboulis à la base du quai de Plane, à chercher « la grotte à Perès ». Je sais que je suis trop bas mais pas de grotte en vue… J’essaye à gauche et 20 m plus loin, la bouche d’ombre se révèle. Une grande et belle grotte, avec une lucarne au plafond qui remonte en surface. Des gorgones et des tuniciers couvrent les parois. Je suis en macro et à la recherche de petites bêtes. Tout au fond, dans la vase grise des extrémités de grottes méditerranéennes, je repère tout de suite un gros nudibranche jaune.

Tandis que Gérard baguenaude au milieu des floralies, je cadre le mollusque très serré… Cette lenteur propice à l’observation sera d’ailleurs la marque de cette plongée très agréable et variée… Ayant ratissé la grotte dans ses moindres recoins, nous sortons par la droite pour suivre un tombant creusé de failles et de trous où les girelles rivalisent de girelleries. Georges un peu penaud (il n’y a pas de quoi !) me signale alors qu’il est à 100 bars. Bon, au revoir le tombant, bonjour le haut de la roche, pas moins intéressant. Une méduse bleue y pulse comme un cœur de verre… Un léger courant nous offre alors une plongée dérivante en cinémascope : plus de mouvements, consommation réduite… Un canyon en cul de sac nous égare un instant mais je retrouve le courant au travers d’un lacis de grottes au plafond décoré de corail rouge fleuri. En les montrant à Gérard, je retrouve mes réflexes de « vieux » moniteur sans diplômes. Une flabelline qui ressemble à Woody Woodpecker m’offre son plus beau profil. Aspirés par le flot, nous venons de dépasser la pointe de l’île Plane et mon instinct d’ancien chasseur me dicte que le plus beau reste à voir.

De fait, au détour d’une arche où le courant devient contre-courant, des centaines de loups argentés filent en oblique. Un peu plus loin dans le ressac, les sars entrent en scène suivis des saupes. Un saupe-opéra ! Nous émergeons finalement très loin du bateau et flottons dans l’eau lisse comme de l’huile, au milieu du décor grandiose des îles du matin… En nous récupérant, Bertrand m’apprendra que nous avons finalement exploré 3 sites au lieu d’un. Pourquoi se priver ?

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6 commentaires sur “La grotte à Pères

  1. Salut Francis,
    est-ce que tu pourrais me donner quelques conseils pour prendre ce genre de photo (la pelagia… belles couleurs et fond noir) ? Est-ce qu’il faut un éclairage spécifique? En même temps la photo donne l’impression qu’il n’y a pas d’éclairage… lol… le resultat est superbe.
    Merci d’avance 🙂
    Antho.

  2. Salut Anthony.
    Tout est question de diaphragme. Cette photo a été faite en pleine eau vers -10 m environ et le fond aurait du être bleu. Mais en travaillant en manuel, tu peux utiliser une ouverture très grande, genre f=22 et ajuster la puissance du flash en conséquence. En règlant l’angle d’attaque du flash légèrement à contre jour, les particules dans l’eau deviennent des étoiles, la bouillasse soulevée par une autre palanquée, une voie lactée… Résultat : une ambiance « cosmique » et de belles couleurs sur fond noir. Elémentaire non ?

  3. Elémentaire!… comment n’y avais-je pas penser! :-p Bon malheureusement mon matos ne me permet pas d’aller aussi loin, je possede un numerique Canon A620, avec un mode manuel, qui ne me permet qu’une ouverture de f=8.0. Mais je pense pouvoir m’approcher du résultat… Cependant j’en suis très content de cet appareil.
    En tout cas merci de l’explication, quand j’aurais du matos plus évolué, je ne prendrai plus que des photos étoilées hahaha !

  4. Dans la grotte à Peres (perez ?) il y a 2 choses à ne pas oublier…. trouver le ou les oursins diadémes (et oui) et monter dans la grotte…. et redescendre « en phoque » dos au fond de la grotte… le tout en se stabilisant au niveau de la voute de la grotte….. la vue est pour le moins superbe.

    On peu passer du temps à cherche aussi les crabes dromies, genre de caillou poilu qui s’agripent à la roche avec un air bougon (oui je sais l’air bougon d’un crabe dormeur ça peu surprendre comme qualificatif…. mais j’ai pas trouvé mieux !!!).

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