Ek BalamJ‘ai toujours été passionné par les civilisations perdues. En particulier le peuple Maya, ce qui fut ma motivation première quand je suis venu explorer au Mexique dans les années 80 : plonger dans les cénotes sacrés et pourquoi pas, découvrir de nouvelles cités englouties sous la jungle en remontant les galeries noyées, quand on sait que sous chaque pyramide existe un cénote caché… Malgré quelques belles explorations, ce rêve ne s’est pas concrétisé, la vie m’ayant orienté vers d’autres réalisations.

Il faut lire les premiers explorateurs du Yucatan comme le français Désiré Charnay pour comprendre ce qu’exploration veut dire. Pour s’immerger un peu plus, je vous conseille la lecture d’un classique, hélas en anglais « Incidents of travel in Yucatan » par Stephens et Catherwood. Ce dernier était un illustrateur de grand talent et ses images des temples sous la jungle m’ont toujours fait rêver.

C’est dans cet état d’esprit que nous abordons le site d’Ek Balam, ce qui signifie en maya la « cité du jaguar noir »… Moins connu que les grands classiques précolombiens, la visite vaut le détour. Récemment, l’éboulement d’un mur a révélé au jour des fresques et des statues magnifiques qui ne sont pas sans rappeler par certains aspects les temples d’Angkor Vat… Mais surtout, Ekbalam est toujours en cours de fouille et, en sortant un peu des sentiers battus, il est facile de se prendre pour Indiana Jones 😉 Inutile de vous dire que j’ai fouiné en « hors piste », les quelques moustiques valant bien la vision de temples intacts ensevelis dans la forêt. Je souhaitais reproduire les visions de Catherwood. Au détour d’un fromager hérissé d »épines, je tombe en arrêt sur cette ruine : c’est çà ! Un peu de magie logicielle et je me retrouve deux siècles en arrière…

Ek BalamPour qui s’intéresse aux mayas, un mystère demeure : comment et pourquoi cette riche civilisation a disparue, peu avant la conquête espagnole ? Changement climatique ? Récoltes insuffisantes ou démographie galopante ? Guerres intestines et perte de savoir céleste ? Sans doute un peu de tout cela a moins que les grandes civilisations ne soient condamnées par un ordre secret de la nature à disparaître après leur apogée. Gare à nous ! Les gènes pourtant sont restés : la population des lieux a gardé le caractère maya : silhouettes massives, petite taille, type « indien », profil prognathe… De vraies statues vivantes !

mayaDe temples en cénotes remplis d’azur, de grottes obscures en forêts de jade, il n’est pas difficile de s’imaginer dans le dernier film de Mel Gibson, ou carrément, sous le soleil divin, aux glorieuses heures de l’Empire…

Demain, nous serons à Chichen Itza. Nous avons  rendez-vous avec le cénote sacré ou se pratiquaient des sacrifices humains. Peut être vous conterais-je alors la fabuleuse histoire du trésor qui y fut découvert en plongée pour disparaître peu après. A moins que je n’en garde l’exclusivité pour les lecteurs de Plongeurs International, à mon retour 😉

Si vous aussi vous voulez faire ce voyage, consultez Blue Lagoon et Phocea Riviera Maya.