Cet été encore, les forêts méditerranéennes se consumeront au même rythme que nos vacances. Principalement à cause des incendiaires ou des barbecues incontrôlables… Et si la nature avait son mot à dire ?

Feu de foretTout le monde se souvient des terribles incendies des Alpilles en 99, ou de la montagne Ste Victoire près de Marseille en 1980. Selon les statistiques du Conservatoire de la forêt méditerranéenne (http://www.promethee.com) 2500 incendies se déclarent par an en moyenne, détruisant 26 000 hectares. La Corse est la plus touchée, suivie par les départements du Var, des Bouches du Rhône, des Alpes Maritimes et du Gard. Il ne s’agit pas ici d’encourager les incendiaires, qui sont encore responsables à 41 %, mais d’évoquer les 6% d’incendies d’origine naturelle, afin de griller quelques idées reçues…

Car, malgré le catastrophisme télévisuel ambiant, le nombre de départs de feux est en diminution depuis dix ans en France. De plus, bien que spectaculaires, les incendies sont moins dommageables à nos forêts que ne le sont les tempêtes et les attaques de parasites ! La forêt provençale gagne d’ailleurs 10 000 hectares par an : la population de Pins d’Alep y est beaucoup plus importante qu’au début du siècle. Et la nature fait bien les choses… Un incendie de petite taille ne marque généralement pas durablement le paysage. Ainsi, deux mois après la catastrophe des Alpilles, les chênes Kermès commençaient à faire des rejets. Suivis par les chênes verts, les ajoncs épineux, les cistes à feuilles veloutées, les thyms et romarins odorants, tous germés d’un désert de cendres ! La régénération s’opère par trois moyens : la germination des souches (rejets) ou des racines (drageons), la «pluie de graines» transportées par le vent et, plus étonnant encore, par ce que les scientifiques du Cemagref d’Aix en Provence (www.cemagref.fr) appellent les «banques de graines» ; des semences enfouies dans le sol calciné, ayant résistées à une température de plusieurs centaines de degrés…

Le feu serait-il aussi nécessaire à la vie que l’eau ? Il semble bien que oui. On sait déjà qu’il intervient dans le renouvellement du milieu naturel. Mais, considérez plutôt cette pomme de pin, dans laquelle vous alliez donner un coup de pied, dans l’allée de votre forêt préférée… Dure, compacte, ou au contraire relâchée, ouverte au soleil, ayant abandonné ses graines volantes aux vents voyageurs.

Les forestiers ont constaté que les cônes dont la maturation a été accélérée par la fournaise libèrent un grand nombre de graines volantes, dans les jours suivants un incendie. Plusieurs dizaines de petits pins par mètre carré, soit autant qu’en plusieurs mois sans feu…

Ces plantes qui renaissent de leurs cendres…

pomme-pinL’essence miracle, incombustible, n’existe pas. Comme le rappelle Jean-Luc Dupuis, chercheur à l’INRA D’Avignon (http://www.avignon.inra.fr/), la structure de la végétation et son humidité comptent plus que la nature même de l’arbre. Toutefois, on connaît des arbres plus ou moins inflammables. Sur les sols très siliceux de Corse ou du massif des Maures croit le chêne liège, ce diable d’arbre a qui l’on vole régulièrement ses habits. Son écorce de liège dont on fait nos bouchons est également étanche au feu : Le printemps suivant l’incendie, le chêne reverdit très vite, tout en conservant sa structure arborée, favorable à la reconstruction du paysage. C’est une ballade instructive que de parcourir ces sous-bois renaissants : à travers l’écorce noircie, apparaissent les pousses vertes annonciatrices de vie. En Australie, c’est ainsi que de grandes forêts d’Eucalyptus se sont régénérées : cet arbre, très inflammable à cause des résines qu’il contient, repousse aussi très vite. Indissociable du paysage méditerranéen, l’olivier ? Certes, et aussi très utile contre les incendies : une oliveraie bien espacée et entretenue constitue une pare-feu naturel des plus efficaces. Il en est de même de la vigne et de l’amandier. Pour les sols les plus arides, il faut se tourner vers le figuier de barbarie ou l’aloes, une solution qui ne manque pas de piquant…

ECO-BREF

La Beauce du cheval

Jusqu’au 28 août 2002, exposition autour du cheval au Conservatoire de l’agriculture, pont de Mainvilliers, 28000 Chartres. Tél. : 02 37 36 11 30 www.lecompa.com

Radon surveillé

Des règles plus strictes pour nous protéger des rayonnements ionisants seront bientôt applicables. Un texte du ministère de la Santé confirme l’abaissement de la limite annuelle d’exposition. Entre autres mesures, est prise désormais en compte l’exposition aux rayonnements naturels. Notamment au radon, qui n’est pas un rongeur aquatique mais un gaz radioactif dense qui s’accumule dans les parties basses des constructions, et pour lequel la surveillance des établissements publics sera renforcée.

Aérez !

Nous respirons 14 heures par jour du mauvais air à la maison. C’est ce que relève une étude menée sur 90 logements et 9 écoles en France par l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur. Entre autre, nous nous gavons de benzène (fumée de cigarette, produits de bricolage et de décoration…). Les concentrations dans les cuisines et les chambres sont une fois et demi supérieures à celles de l’air extérieur…