Voici un nouveau moteur de rendu pour Apophysis concocté par l’anglais Thomas Ludwig (qui travaille par ailleurs professionnellement sur le moteur de rendu Indigo chez Glare Technologies à Newcastle, après avoir contribué à Lux render dont nous reparlerons). Son dernier né : Chaotica disponible ici : chaoticafractals.com.

Il existe des versions Linux, Mac OSX et Windows 32 et 64 bits. Précisons tout de suite que la version Mac ne fonctionne pas (tout au moins sur OSX Lion) et qu’il n’est pas possible de l’émuler avec Wine ou Winebottler. Il a donc fallu que je me fasse violence pour ouvrir le bazar sous Windows…

A se jeter par la Window !

D’emblée, on est bien dans le monde Windaube et ce, dès l’ouverture ! Notons par ailleurs cette étrangeté d’installation, précisée par l’auteur et qui tombe sous le sens : n’installez pas ce programme dans « programmes files »… Au lieu de ça, il faut le placer n’importe où de préférence, où à la racine c://. Bon. Il faut ensuite indiquer à Apophysis le chemin de Chaotica, en tant qu’application externe.

Malgré un nombre incalculable d’essais , je n’y suis pas parvenu. Même en suivant scrupuleusement la procédure comme sur ces copies d’écran… Ça ne marche tout simplement pas ! Peut être à cause de l’émulation Windows 7 sur Mac. Bref. Il y a moyen de contourner le problème : Il faut enregistrer tout simplement la flame issue d’Apophysis et l’ouvrir ensuite dans Chaotica…

Première surprise : le rendu est presque instantané. Ensuite, comme dans le bain d’un labo photographique, l’image se précise au fil des minutes, des heures, des jours ou des millénaires : c’est à vous de voir. On arrête le rendu quand on est las d’attendre… Concept ! En cours de route, on peut sauvegarder autant d’images que l’on veut sans stopper le processus de « rendu continu ». Chaotica est en effet un de ces moteurs de nouvelle génération (comme dans Incendia) qui utilise des algorithmes censés améliorer la qualité et la vitesse des rendus, principal problème avec le moteur de base d’Apophysis. Notons au passage que les heureux possesseurs d’une carte graphique compatible CUDA peuvent utiliser le moteur de rendu Flam 4 qui parait-il pète le feu…

Un résultat chaotique…

L’interface de Chaotica est sobre, simple et sombre comme tous les logiciels pro… Il est possible de pratiquer des corrections de couleurs, de gamma, de contraste à la volée, ce qui est bien pratique. Pour l’instant, la version libre est limitée à des rendus de 1920 pixels de taille maximum. Ce qui est très dommage. Oubliez également le rendu de fractales en 3D et préparez vous à des des conflits en pagaille avec certains plugins. En fait, vous pouvez tout oublier pour revenir à la version basique d’Apophysis et vous démerder avec seulement les variations linéaires, sphériques et sinusoïdales. J’exagère à peine. Bref, on attend que l’outil soit au point. Le seul véritable intérêt serait le rendu en grande taille mais l’auteur parle de licences à 100 €… Quoiqu’il en soit, Chaotica préfigure les moteurs de rendus plus modernes pour les fractales. En 64 bits, le gain de vitesse est réel. Autre avantage : on peut copier coller depuis la fenêtre d’Apophysis vers la fenêtre de Chaotica puisque les deux acceptent maintenant le format XML. Vous trouverez un petit tuto vidéo ici.

En ce qui concerne la qualité du rendu, effectivement, c’est meilleur. Encore que les résultats ne sautent pas aux yeux du profane et dépendent du type de fractale. Je me suis livré à quelques essais avec pour base la précieuse choucroute dorée montrée en ouverture et sur les agrandissement ci dessous, on constate effectivement un lissage meilleur sur le deuxième rendu Chaotica par rapport au premier « brut d’Apophysis ».

Je vous laisse sur ces considérations douces amères, avec cette illustration abstraite qui incite à l’envol : Ça donne envie de partir en Camargue, non ?