logo_thalassaA l’occasion de la rediffusion de la série chaque mercredi sur Planète Thalassa, je publierais ici chaque lundi le synopsis du film tel que je l’avais écrit et conçu à l’origine. Histoire de vous mettre l’eau à la bouche… Le film est parfois un peu différent de l’histoire originale : Éternel conflit entre rêve d’auteur et contraintes de la production.

Carnets d’expédition Indonésie – L’origine des mondes

Première diffusion : mercredi 30 Septembre 2009 à 20h40 – Rediffusions : 04 Octobre 2009 à 16h50 – 09 Octobre 2009 à 19h30

Indonesie«La vie n’est pas également répartie sur la terre… Je connais un endroit dans les îles de la Sonde où il semble que le doigt du Créateur se soit attardé : le pic de la biodiversité marine s’y trouve. Pourquoi ? Question passionnante qui renvoie à l’origine du monde vivant, suffisante pour décider de monter cette expédition. Un nouveau voyage auquel je vous convie…».

L’histoire commence à bord du Lambongan, navire traditionnel balinais qui va nous servir de base. Tandis que les magnifiques décors de Bali défilent, nous préparons une plongée en scaphandres recycleurs. René, caméraman sous-marin, aide Francis à régler son débit et on fait sa connaissance, tandis que Francis explique pourquoi ils ont choisi de plonger avec cet équipement. Sous l’eau, les fonds de l’île Nusa Penida tiennent leurs promesses : un jardin de fleurs animales multicolores dans une eau de turquoise. Sans bulles, les plongeurs évoluent dans des décors grandioses, au contact des poissons qui sont ici des papillons…

«J’ai choisi l’Indonésie parce que c’est le seul endroit du monde à ma connaissance où les fonds marins peuvent changer en quelques centaines de mètres. Une profusion d’écosystèmes incomparables. Nous allons essayer de comprendre pourquoi avec les scientifiques embarqués dans cette aventure. Nous sommes également ici dans l’épicentre de la biodiversité. Nulle part au monde il n’est possible de découvrir une plus grande concentration d’espèces que dans ce triangle sacré, ce Point Zéro. Nous allons mener une expérience originale pour tenter d’en savoir plus. Même si la science à ses limites ! Surtout au royaume de Baruna, le dieu de la mer des Indonésiens, ce peuple de sortilèges, de légendes, de miracles. Ce concert de tribus aux croyances anciennes, ces détenteurs d’un savoir oublié, venu de l’aube de l’humanité… Ils seront nos guides, sur le terrain bien sûr, mais aussi guides spirituels, tant il est passionnant de confronter ce qu’on croit savoir avec d’autres visions du monde. Nous plongerons aussi dans ces univers parallèles…».

Sous l’eau, Francis tend le bras et on découvre un banc de mola mola, des poissons-lunes géants de taille humaine, astres vivants posés dans l’eau céleste.

[singlepic id=332 w=320 h=240 float=left]«Tout a commencé quelques jours plus tôt à Bali. Nous y avons retrouvé Georges qui dirige l’expédition à terre, et avons accueilli notre spécialiste des poissons. Dans l’équipe, on l’appelle Mais-Si. Mais vous aurez l’occasion de mieux le connaître ! L’île des Dieux… Ses temples hindouistes, les rizières, l’eau douce qui embrasse la mer, les statues en tuf de dieux innombrables. Et je savais déjà que cette vision animiste du monde et de ses manifestations allait changer le cours de notre voyage…».

L’équipe de plongée amorce la remontée parmi les poissons-lunes tandis que le soleil se couche. Cap sur l’île de Komodo pendant que la vie à bord s’organise, que l’on découvre l’équipe… et l’équipage. Sous l’éclairage dansant des lampes-tempête flottent des odeurs de curry. Francis et «Mais-Si» spéculent sur une carte et expliquent la présence de «la ligne Wallace», cette démarcation nette entre la faune asiatique et australienne. La carte s’anime et devient tridimensionnelle. On comprend également le but et la nature des expériences scientifiques qui seront menées au cours de l’expédition.

Au matin, le bateau est engagé dans une rivière de corail au milieu de la forêt : l’un des nombreux et complexes bras de mer autour de Komodo et de Rinca. Une ambiance d’autre monde…
Les plongeurs descendent pour une première reconnaissance, et pour mettre en place une expérience à l’aplomb d’un vortex, trou noir sur la peau de la mer. Sous l’eau, les courants violents et contraires mettent l’équipe en difficulté. On rencontre ici des courants qui aspirent vers le fond et qui sont bien difficiles à négocier. Mais bientôt, à l’abri d’un piton rocheux, l’émerveillement : Au milieu des nuées de poissons de verre, les rochers bourgeonnent de vie multicolore. Des nudibranches, tuniciers, coralligènes,… Tout un petit peuple de l’eau dont nous prélevons des spécimen pour les recherches en cours. Dans ces eaux, il est toujours possible de découvrir de nouvelles espèces.

varan de Komodo«Mais Si» débusque un hippocampe pygmée, le plus petit du monde, haut de quelques millimètres…
A terre, c’est une autre espèce que l’équipe recherche, dans les savanes de Rinca : des dragons ! Ces varans géants potentiellement dangereux ont fait la réputation de Komodo. Un pisteur local permet d’approcher les monstres de très près… Dans les villages, Francis recueille les témoignages : des dragons marins traversent les îles et attaqueraient les barques des pêcheurs… Et les plongeurs parviennent à filmer l’un de ces varans sous l’eau.

Cap sur Flores… L’équipe réalise plusieurs plongées dans la baie de Maumere pour filmer une expérience tandis que Francis prend la piste de jungle qui mène, au pied du volcan, dans un village coloré de batiks. Dans la case du chef qui le reçoit, il remarque une jarre chinoise et des défenses d’ivoire qui luisent dans la lumière dorée. C’est le trésor du village, gardé de générations en générations, offert par des commerçants portugais du temps de la conquête. Le chef explique aussi sa conception de ce que nous appelons la biodiversité : une belle parabole… Et fait mention d’une bête énorme, dans les îles qui nous font face, sur Lembata, dans le petit village de Lamalera.

«Et je n’ose croire à sa description qui évoque quelque Moby Dick d’Australasie…».

De retour à bord, visionnage des rushes sous-marins dans le carré. Les exclamations fusent. Le scientifique explique. Une séquence particulièrement intéressante envahit l’écran, tandis qu’on entend la voix de René : «Et là, des cris… On aurait dit une baleine…»
Lamalera abrite la dernière communauté au monde de chasseurs de cachalots. Une pêche ancestrale fortement codifiée par les mythes et les croyances. Nous suivrons aussi loin que possible ces êtres simples et courageux, capables de s’élancer de la pirogue, harpon en main, pour un combat hasardeux avec la bête.

L’équipe continue à tourner dans les rassemblements de cachalots,  à  la recherche d’un grand mâle, tandis que Francis part retrouver l’équipe de spéléos et de scientifiques indonésiens pour l’expédition dans la péninsule de Magkalihat. Une légende dayak prétend que la vie est sortie de la terre, quelque part sur l’île de Bornéo. Le gouffre du monde… Car cette biodiversité extraordinaire se retrouve à terre, et même sous terre ! Pas moins de dix nouvelles espèces découvertes l’année dernière. Cette région inaccessible est devenue l’eldorado de l’exploration. Après plusieurs heures de piste nous atteignons le pied d’un karst à pitons qui évoque «Le Monde Perdu».

Dans les profondeurs de la forêt primaire débute alors un voyage à la Jules Verne : cavernes immenses où les palmeraies sont en albâtre, rivières de perle et de jade dont l’écho se perd dans l’inconnu… Monde dangereux aussi avec les descentes en rappel de puits sans fond et l’omniprésence d’espèces hostiles : serpents, scorpions, araignées,… Une nouvelle espèce de crabe d’eau douce albinos est découverte. Des kilomètres de galeries vierges sont cartographiés.

Kakaban, le lac aux MédusesFrancis est parti en pirogue avec les guides Dayaks pour retrouver les «hommes-feuille». Une cérémonie animiste l’accueille. Le temps s’arrête… Dans une grotte proche, une galerie de mains négatives rappelle la venue des aborigènes australiens il y a presque 20 000 ans… Et toujours Loubang Dounia le Gouffre du Monde, qui s’ouvre inexploré au sommet de la montagne. Une obsession… Une reconnaissance est tentée avec un gros hélicoptère qui larguera hommes et matériel à l’aplomb du gouffre, au coeur d’un terrain réellement impraticable. Une corde est jetée dans le noir…

L’équipe complète se retrouve à Sangalaki. Moments de détente et plongée avec les raies mantas. Les scientifiques livrent leurs premières conclusions. Voyage dans le temps, cartes qui s’animent… Les continents dérivent, les eaux douces et salées se mêlent en des cataclysmes oubliés…

Francis sur l’îlot tout proche de Kakaban, termine l’explication avec un morceau de corail en main. Pour en savoir plus, les plongeurs s’enfoncent à l’intérieur du récif, dans une grotte noyée d’eau bleue qui semble mener vers la côte… Au cœur de la forêt, les plongeurs découvrent alors un lac d’eau douce extraordinaire : des milliers de méduses y pulsent au milieu des arches gothiques des racines de mangroves. Un ultime écosystème d’eau douce, un prodige d’adaptation, encore plus mystérieux…

dvdindonesieLe bateau de l’expédition a rejoint la mer des Philippines, en direction du grand large…

«Nous avons vu que les explications ne manquent pas pour justifier ce miracle de la nature, même si aucune n’est satisfaisante pour l’esprit. Les dernières tribus de la forêt ont peut-être raison… A moins qu’il ne faille aller chercher la solution dans les grands fonds, ceux de la fosse Challenger où personne n’est retourné depuis la plongée historique de Jacques Piccard en bathyscaphe, à près de 11 km sous les flots. Une fosse plus grande encore que l’Everest retourné ; le plus grand relief de la planète… Mais ceci, comme disait Kipling, est une autre histoire…»

Itinéraire Indonésie

Point Zéro, le titre original du film.Et pour finir, parce qu’on ne se prend pas au sérieux et que nous sommes restés des enfants à la poursuite de leurs rêves, cet hommage au « petit reporter » éternel. Un album que vous ne trouverez pas dans le commerce 😉

Petit bonus : Quelques extraits de la musique d’Eric Le Guen, écrite pour ce film, mais qui n’a pourtant pas été retenue…

Le générique

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Carnet de voyage

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Couché de soleil

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Vortex

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