Balade multi culturelle

Quand j’ai du temps libre, c’est à dire presque tout le temps en partant du principe que j’ai l’esprit libre, je pars en voyage…

Gare St Charles de Marseille. Le nouveau Virgin au milieu des pins géants qui ont germés au milieu des trains. Le rayon polar, ceux classés « romans de gare ». Plus marseillais que ceux qui y sont nés, comme tous les nouveaux émigrants, je choisis systématiquement les auteurs de la Ville d’Or ou les sujets qui se rapportent à Marsiho.

Cette fois, « Lettre à mes tueurs » de René Frégni. Sur la jaquette, une critique de Télérama y trouve des réminiscences de Jean Claude Izzo. Izzo, bien sûr. J’en avais entendu parler mais jamais lu. Rayon d’à côté. Je choisis « Total Chéops« . Deux autres livres et une pile de magazines : me voilà paré pour mon raid éclair vers « la ville lumière ». Celle qui se croit éclairée sans connaitre la lumière du Sud… Un aller retour aussi rapide que possible !

Étant un lecteur rapide, il me faut des biscuits pour 6h de voyage. « lettre à mes tueurs » : sympa. Permet de se rapprocher de Marseille tout en s’en éloignant à 300 km/h… Izzo : phrases ultra courtes. Nostalgie. Tristesse. La Canebière. Le Vieux Port. La Corniche. Les Goudes… Chez moi ! L’auteur était un amateur de jazz : son héros aussi qui écoute pour se soigner l’âme « Estate » de Michel Petrucciani. Un saut sur Internet et je redécouvre ce pianiste si peu et tant gâté par la nature. Pianiste virtuose et tellement musicien !

J’écoute Estate avec les oreilles d’Izzo : « La samba des prophètes« . Et j’imagine cet immense petit artiste jouant dans quelque boite de Marseille enfumée de putes. On s’est raté de quelques années… Mon numéro de carte bleue clignote dans le cyberspace et j’avale toute l’œuvre enregistrée de Petrucciani. Jouant avec les plus grands : Jim Hall, Pat Metheny, John Scofield… Handicapé de la vie, tu manques à la mienne !

Au fil des liens, je dégotte « Umbria Jazz – 30Th Anniversary – Cd2 – piste 06 : Looking Up » : chef d’œuvre absolu, explosion de perles, gravé à jamais dans l’Ipod. Et aussi « September Second« , ces derniers plus aboutis que « Estate » mais Izzo l’avait écrit… Sur YouTube, les concerts s’enchainent et l’image ressuscite l’alien du clavier. Voyage dans l’espace et dans le temps, la musique, la littérature, le virtuel : époque bénie…

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