Curieusement, l’avion n’est pas plein et l’espace étonnamment large entre les sièges. Je dégotte même 3 places libres que je réquisitionne immédiatement pour en faire un lit king Size. Enfin, il y a quand même un bout qui dépasse mais bon… Je réussis à dormir deux fois une heure. Le luxe. Précisons qu’Aeromexico n’est pour rien dans ce voyage que je dois entièrement aux bons soins de l’Agence Blue Lagoon et au Centre Phocea Riviera Maya.
J’en profite pour dévorer quelques livres dont le Beigbeder, « Au secours pardon », la suite de « 99 francs ». Une espèce de rédemption. Un vrai chef d’œuvre où, entre autres mysogineries, on peut lire cette perle (parlant des slaves) : « A vrai dire, j’avais oublié qu’il existait des femmes capables d’être magnifiques sans pour autant émasculer les hommes. Je découvrais la condition masculine d’avant la condition féminine. (…) Je constate que le féminisme a supprimé l’humour qui permettait aux hommes et aux femmes de ne pas se combattre. Quelqu’un a sifflé la fin de la récréation. Maintenant que nous sommes égaux, nous ne nous amusons plus. Désormais nous sommes concurrents dans une course solitaire. » C’est beau non ?
Je ne sais pas vous mais en avion, j’ai plein d’idées et de projets et n’arrête pas de prendre des notes. Je sais que c’est l’effet de la dépressurisation. Dans ma lointaine période Champagne, j’appréciais particulièrement cette « ivresse des altitudes ». Mais aujourd’hui, sans bulles, l’extase est la même. Je vais transformer mon lit de Marseille en cabine étanche à basse pression et suroxygénée !
Premier arrêt à Mexico. Il pleut. Vue d’avion, la ville est aussi laide que Paris ; la tour Eiffel remplacée par des volcans et les périphériques par des lagunes… Changement d’avion, direction Cancun… Le ciel prend des couleurs caraïbes. Le voyage est pénible : engoncé dans un espace digne de la cabine Mercury nous avons à subir les méfaits de l’éducation « à l’américaine » : une petite peste caractérielle qui prend le siège de devant pour une balançoire et dont les cris incessants parviennent à percer les boules Quies… Les parents sont ravis… La genèse d’une nouvelle Paris Hilton…
Cancun. La douane est nettement plus relâchée et la nuit tropicale s’empare de mon corps. Encore une heure en taxi pour rejoindre Playa del Carmen. Sur les panneaux d’autoroute se succèdent des noms qui me rappellent bien des souvenirs : Xhela, Xcaret… Dans les années 80 j’y avait mené les premières exploration des cénotes sacrés. A l’époque, pas de route, la jungle, les mules, les moustiques… Aujourd’hui Xcaret est devenu un Disneyland avec des dauphins pour américains. Les mayas doivent se retourner dans leurs tumulus !
Hôtel Colibri. Martine et Didier, en vacances de fin de saison, m’accueilleront demain. Après une douche je sors un peu dans Playa à la recherche de protéines. Devant un plat de viandes marinées et grillées avec tous les guacamoles, tacos et piments qu’il faut, je m’amuse à regarder les touristes en short « ras des ovaires » qui oscillent dangereusement sur des haut talons de 20cm dans la rue pavée. La faune est riche, abondante et fêtarde !
Voilà près de 72 heures que je n’ai pas fait une vraie nuit et bien vous savez quoi ? J’ai une patate d’enfer ! A demain !
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J’ai lu tous les livres de Beigbeder, le personnage peut paraitre singulier mais il a vraiment une plume d’enfer et il me fait rire.
Bon séjours.
Oui, c’est un écrivain. Un vrai. Quand à l’égalité des chances au départ… Mais il est le premier à le reconnaiïtre.