A qui sert l’effet de serre ?

Trou dans la couche d’Ozone, tempêtes dévastatrices, inondations meurtrières, et maintenant effet de serre… Le tout par la faute de l’homme. En est-on si sûr ? Le grand public et les médias ne savent plus à quel saint se vouer. Qui croire, et que faire ?

ALLEGRERio, Kyoto, Joannesburg : depuis 10 ans, on ne s’est jamais tant penché sur l’avenir de la planète… De savants communiqués d’experts, de belles paroles, des résolutions, et bien peu de solutions concrètes. La planète se réchauffe… Les glaces des pôles vont fondre… Le niveau des océans va monter et engloutir les terres… Soit. Car l’eau monte, tout le monde l’aura constaté sur nos rivages. La Camargue et Venise sont en sursis. L’atoll de Tuvalu dans le Pacifique est menacé de disparition, de même que la république des Maldives (point culminant : 5m) qui vient de construire avec l’aide des japonais une digue autour de l’île-capitale de Malé. Ce qui fait débat est de savoir s’il s’agit de causes naturelles ou si l’industrie humaine et ses rejets en est responsable.

Le déluge annoncé

Deux écoles s’affrontent : les « catastrophistes », les plus nombreux, et quelques vilains canards « révisionnistes ». Dans le premier camp, les écologistes bien sûr, et le GIEC (groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) émanation de l’ONU et de l’association météorologique mondiale qui semble unanime : depuis le début de l’ère industrielle (1850) le taux de CO2 atmosphérique est passé de 280 cm3 par m3 d’air à 450 cm3. Or il existe une corrélation établie entre la concentration de CO2 et la température : Il semble bien que l’humanité soit devenu un agent climatique. Entre 1970 et 1990, la banquise du Pôle nord a diminué de plus de moitié en épaisseur tandis que le Pôle sud perdait plus de 3000 km2 de glaciers. Ces taux très nettement supérieurs à la moyenne de ces 10.000 dernières années, pourraient entraîner la disparition de la glace des pôles. Suivrait l’arrêt des courants marins comme le « Gulf Stream » qui réchauffe les côtes de France. La Bretagne connaîtrait des hivers sibériens. Adieu artichauts, fraises, cochons…

La terre bienfaitrice

Dans le deuxième camp, on trouve des hommes de terrains, des ultra-libéralistes, quelques scientifiques. Seuls contre tous mais ayant la faveur des médias. Comme s’ils nous apportaient une lueur d’espoir, des arguments pour briser notre frustrant sentiment d’impuissance, même s’ils se trompent. L’ancien ministre de la recherche du gouvernement Jospin déclarait allègrement en 1998: « il y a une courbe idiote qui voudrait prouver que la température moyenne de la terre se serait élevée, par la faute de l’homme, de 0,1 degré en 150 ans. C’est complètement absurde ». D’autres font valoir que si la glace de l’Antarctique fondait, le continent sous-jacent remonterait, n’étant plus soumis à la pression de la glace et qu’un nouvel équilibre s’instaurerait. D’autres encore assurent que les émissions de gaz dues à l’industrie ne sont rien face aux énormes décharges des éruptions volcaniques ; que les « puits à carbone » que constituent les forêts et les océans mettraient les bouchées doubles. Enfin, que le développement technique et industriel est la seule voie pour trouver des solutions.

La voie du milieu

Il existe pourtant une troisième alternative, bien peu médiatisée, que je qualifierais de fatalisme pragmatique. Pour la bonne raison qu’il n’y a strictement rien à faire ! L’abandon des déodorants en bombe n’a pas que je sache comblé le « trou d’ozone », même si on en parle moins aujourd’hui… Sauver la terre : quelle belle idée ! Et quelle prétention ! Une Terre vieille de 4 milliard d’années face à l’humanité qui n’en est qu’à sa 25 millième génération. Rappelons qu’en terme de biomasse, la terre « appartient » aux bactéries, aux insectes et autres fourmis et que l’espèce humaine n’en est qu’un avatar pensant, et périssable. La terre et la vie s’en moquent qui ont connu le volcanisme, l’absence d’oxygène, puis son excès, toxique, la glace omniprésente, les collisions avec des météorites de toutes tailles. Ces conditions ont entraîné des crises biologiques graves comme celle de la limite du Permien au Trias il y a 245 millions d’années où 95 % des espèces vivant à la surface de la planète ont disparu.

Il s’agit en fait de sauver les intérêts économiques humains, voire de l’espèce tout court, peut être déjà condamnée par la nature à l’extinction. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Comment croire en effet que le monde puisse tomber d’accord sur la réduction des gaz à effet de serre, pour ne parler que de ce fléau ? Par le Bush à oreille, on apprend que la plus grande puissance militaro-industrielle de la planète, également plus gros pollueur, refuse de ratifier les accords de Kyoto. Que les pays du tiers monde en pleine croissance n’y seront pas soumis. Que les pays de l’Est en récession et donc moins polluants vendent leur quota de droit de salir ? Comment croire qu’on puisse faire machine arrière en quelques décennies ? Même si l’on arrêtait net aujourd’hui les émissions de CO2, pour ne parler que de ce gaz (il y en a beaucoup d’autres), c’est-à-dire renoncer à tout développement, l’impact sur le climat planétaire mettrait des centaines d’années voire des milliers à se faire sentir, s’il n’est pas déjà trop tard…

Au-delà du principe de précaution, le bon sens voudrait pourtant qu’on cesse d’utiliser les carburants fossiles, dont nous aurons grand besoin pour la chimie du futur. Les énergies alternatives existent. Mais le bon sens n’est pas une valeur prise en compte par les lobbies de l’automobile et du pétrole pour ne citer que ceux là. La question n’est plus là. Oui, l’eau monte : les peintres de Lascaux ont connus nos rivages plus bas de 150 mètres. Il faut aujourd’hui s’attaquer aux effets et non plus aux causes. L’engloutissement annoncé n’aurait pas d’effets catastrophiques si l’humanité avait gardé sa capacité d’adaptation, de transhumance. Mais les sociétés actuelles étant sédentarisées (80% de l’humanité vit en zone côtière), elles auront beaucoup de mal à migrer avec leurs infrastructures et monuments. Les changements climatiques entraîneront des déplacements massifs de population, principale source de conflits engendrés par l’effet de serre. La seule alternative consiste à préparer la retraite des populations vers l’intérieur des terres. De même que les constructions en zones inondables devraient être interdites en France…

Le déluge… Pour les croyants, il ne reste plus qu’à prier. Pour les autres, souhaiter que nos petit enfants sachent nager. Et si l’effet de serre servait la terre en colère ?

Du gaz dans l’eau

hydrate-methaneIl est une catastrophe annoncée dont on parle encore peu. Gageons que ce sera bientôt le cas dans les éditions du soir, quand le CO2 cessera d’avoir la vedette (sans cesser de nuire pour autant). Je veux parler des hydrates de méthane. Des solides blancs, composés instables de méthane et d’eau maintenus sous pression dans les sédiments marins et les glaces des pôles. On assiste au même débats d’experts que pour l’effet de serre. Certains scientifiques prévoient qu’une légère augmentation de la température des océans pourrait conduire à un dégazage massif de méthane dans l’atmosphère et que l’effet engendré rendrait ridicule l’usage de la voiture électrique ! De nombreuses barges pétrolières ont ainsi chaviré, ayant perforé par mégarde cette blanche glace du diable. On pense que l’énigme du triangle des Bermudes pourraient s’expliquer par ces dégazages occasionnels, qui rendraient l’eau trop peu dense pour porter les bateaux… Homme, ta terre sent le soufre !

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