oct 30 2008

Calibrer son écran d’ordinateur

manta thaïlande plongée calibrage écran couleurDès que l’on travaille sur ordinateur avec la couleur (c’est à dire tout le temps !) se pose le problème du rendu de ces couleurs. Une notion très subjective. En effet, nous avons tous fait l’expérience de la « super photo»  qui devient fadasse sur un autre écran d’ordinateur, sur l’imprimante, au labo, ou sur le web selon la plateforme (Windows, MacOs, Linux). Sur le web, il n’y a malheureusement pas vraiment de solution : il faut accepter que vos images présentent un rendu très variable selon l’équipement de ceux qui la regarde… Les conditions de lumière ambiante sont aussi très importantes : une photo n’aura pas le même rendu en plein soleil, sous les néons ou à la lueur d’une bougie. Le rendu n’est pas le même non plus selon les types d’écrans, LCD, cathodiques, mats ou brillants. Les fabricants d’ordinateur ne s’y sont pas trompés qui optimisent leurs écrans pour un meilleur rendu. Les Sony Vaio par exemple disposent d’écrans brillants et très contrasts, ce qui « flatte»  la vision mais ne correspond pas à la « vraie»  photo.

Malgré toutes ces disparités, il est important d’optimiser sa chaîne graphique pour retrouver, au moins sur votre poste, le même rendu d’un jour sur l’autre. Pour celà, deux méthodes complémentaires. D’abord, il faut travailler avec un profil colorimétrique défini (ICC) qui assure en principe la continuité de la colorimétrie entre votre écran, votre imprimante, un labo de tirage, voire l’impression. Ce sont les fameux sRGB (pour le web), Adobe RVB 1998 (standart, remplacé depuis peu par une autre norme ECI… On s’y perd !) et sur Lightroom ProPhoto RVB (pour conserver le maximum d’informations). Ensuite, il faut calibrer votre écran à l’aide d’une sonde externe et d’un logiciel dédié, tous les 15 jours : les écrans vieillissent et leur rendu se modifie constamment. C’est un investissement mais on trouve aujourd’hui des sondes USB pas trop chères. J’utilise pour ma part le modèle de La Cie. Il existe de nombreux sites qui traitent du calibrage. Par exemple, celui d’Arnaud Frich ou celui de l’excellent site déclencheur. Consultez également la bible de questions photo.

Si vous ne souhaitez pas investir, le seul conseil que je peux vous donner est de régler votre écran régulièrement à l’aide du bouton « réglage usine»  (tous les écrans doivent en disposer). Vous aurez au moins une base de référence. Ensuite, il faut se fier à votre oeil. En sachant que tout celà est subjectif. En clair : inutile de passer des heures à peaufiner un réglage de bleu (pour répondre à Myriam) sachant qu’il sera différent sur un autre ordinateur. Sans parler de l’impression…


oct 29 2008

Gagner un voyage en Polynésie !

tahiti concours voyage air tahiti nuiLa grisaille a gagné l’ensemble de la France (et des places boursières mondiales)… Ambiance de crack ? Fuyons ! Pour les dix ans d’Air Tahiti Nui, la compagnie propose un jeu concours pour gagner un voyage dans les îles ! Ceci n’est pas de la pub mais j’ai pensé que cela intéresserait peut-être certains d’entre vous ? A la clé, deux voyages par semaines et deux nuits au Méridien de Tahiti. Toujours bon à prendre, non ?

J’ai eu la chance d’y faire un voyage de trois semaines en visitant Rurutu, Rangiroa, Raïatea, Moorea, Bora Bora et les Marquises. En dehors des Marquises (inclassables !) ma préférence va peut-être à Moorea. Plongées sublimes et décor « enchanteur» . Et pour la carte postale, bien sur Bora Bora. Mais il reste tant d’îles et d’atoll à découvrir… Pour ceux qui connaissent quel est votre coin de Polynésie préféré ?


oct 28 2008

Thaïlande et Méditerranée

photo sous-marineUne nouvelle lectrice, Laetitia Hocquet s’est jetée à l’eau en nous soumettant ses images. Merci d’avoir osé ! Voici son message et ses photos :

Bonsoir Francis, Quelle disponibilité ! Je suis vraiment impressionnée, un grand merci. En fait je suis une photographe « du dimanche» . Je n’y connais pas grand chose et j’ai un appareil plutôt basique: même pas de format RAW. Pour 100 photos que je prends il y en a une dizaine max d’à peu près potable. Et puis une fois de temps en temps il y en a une que je trouve bien (cela n’engage que moi), et la plupart du temps je ne parviens même pas vraiment à analyser pourquoi celle-ci est bien alors que celle là ne l’est pas. Bref, je suis vraiment intéressée par « l’oeil du pro»  et quelques conseils pour améliorer tout cela… tout restant une photographe du dimanche :) . Voici 4 photos sur deux de mes voyages de cette année. Une autre question me vient au sujet des retouches que l’on va faire sur micro: à partir d’un moment, à trop retoucher on fini par dénaturer notre sujet il me semble… Il m’arrive souvent de voir des photos retouchées où il est tellement évident qu’elles ont été retouchées qu’elles perdent tout intérêt… Mais en même temps, et particulièrement en photo sous-marine, les logiciels de retouche nous permettent de restituer des couleurs ou de tons qui ne sont pas fixés sur la photo et de nettement les améliorer … Alors question existencielle: comment sait-on où s’arrêter ? Encore merci. Au fait, bravo pour les Carnets de Plongée:je suis fan, avec une mention spéciale pour les baleines de rurutu et le les dragons d’Australie. Quelle joie de savoir qu’il va y avoir une saison 4 !

Cliquez sur les photos pour les agrandir…

Thaïlande photo sous marine Hindaengjan raie manta lavandou photo sous marine cigale de mer Thaïlande similan photo sous marine gorgone

Thaïlande Similan photo sous marine poissons de verre






Pour répondre à vos questions : Ainsi, pour 100 photos prises, vous en retenez 10 ? Et bien dites vous que chez les pros, nous sommes contents quand sur 100 photos on en retient une ! Et encore, ce n’est pas toujours le cas… Concernant la retouche, c’est vrai qu’il faut savoir s’arrêter sinon, ça n’a pas de fin. Le seul instrument de mesure fiable dans ce domaine est votre oeil. Ces photos étant destinées à l’œil humain et non à quelque scanner sophistiqué, l’œil et votre propre subjectivité doivent rester les seuls maîtres. Encore faut-il calibrer votre écran (nous reviendrons sur ce détail important).

Avant de vous proposer des améliorations, voici quelques observation « à chaud» .

Raie manta. C’est un sujet classique (même si la rencontre est toujours magique) mais paradoxalement assez difficile à réussir. La présence des bulles rend cette photo très originale.

Cigale de mer. De la couleur ! Bravo.

Tombant aux Similan. Celle-ci, vous pouvez la jeter… Pas d’éclairage sur les gorgones ou pas assez d’ambiance contrejour pour se passer des flashs. Je vais essayer de vous l’améliorer mais en JPEG, j’ai peu d’espoir.

Poissons de verre. Simple mais très bien. Sauf peut-être le nuage de bulles qui rompt la pureté de l’image. A effacer ou recadrer.

Merci Laetitia pour ces belles images. Avant que je commence à « bricoler» , qu’en pensent nos autres lecteurs ?

Ci dessous, mes propositions (encore une fois, en jpeg, impossible de faire des miracles…)


oct 18 2008

Lightroom 2.1

Adobe Lightroom 2.1Revenons donc à nos petits tutoriaux photo… Je vous parlais récemment du format RAW, gage de qualité pour tirer le meilleur parti de vos images numérique. Petit préambule :  Aujourd’hui, le photographe doit aussi être graphiste et maîtriser l’ordinateur et quelques logiciels. Cela semble un lieu commun mais combien d’entre-vous négligent les incroyables possibilités du post traitement ? En effet, en numérique, la production d’image « photographiques»  doit être considérée en 2 temps :

  1. En studio ou sur le terrain, l’acquisition du signal et l’obtention de l’équivalent d’un « négatif»  argentique.
  2. Devant l’ordinateur, le « développement»  : la production de l’image finale. C’est au niveau de cette deuxième étape qu’interviennent nombre d’effets que nous faisions jadis à la première. Je pense à l’application de filtres dégradés et d’autres encore plus exotiques, aux expositions multiples sur le même film pour faire de « l’HDR manuel» , etc. C’est un changement complet de philosophie.

Si j’extrapole, les reporters vont disparaitre, remplacés par des milliers de « vous et moi»  munis de capteurs toujours plus perfectionnés, le sens artistique et la technique n’étant plus nécessaires. Les artistes interviendrons après, travaillant sur cette matière brute… Fiction ? Pas du tout, on y est déjà ! Mais je m’égare…

Quel logiciel pour nos fichiers RAW ? Il en est un qui surclasse tous les autres, c’est Lightroom d’Adobe dont la version 2.1 en français vient de sortir. Avec des améliorations extraordinaires par rapport aux versions précédentes. J’ai toujours été fan de ce soft depuis les premières beta. Car c’est un logiciel réellement pensé pour les photographes avec une ergonomie et une interface à la fois splendide, efficace et très intelligente. Et ce n’est pas un hasard si Adobe a intégré dans l’équipe Kaï Krause, le génial ergonome déjà auteur de l’interface de Bryce et des filtres KPT pour Photoshop. Travaillant plus que jamais en tandem avec Photoshop CS3 (bientôt CS4), avec Lightroom vous pourrez tout faire, au prix d’un court apprentissage et d’une véritable révolution culturelle dans votre façon de travailler. A la clé, un gain de temps considérable dans le traitement et l’exploitation de vos images. C’est ici qu’il faut prendre conscience de l’importance de ce qu’on appelle un flux de production. Quelle est en effet la problématique du photographe ?

  • Transférer les images de l’appareil photo à l’ordinateur
  • Sélectionner les bonnes images
  • Travailler ses images
  • Classer et retrouver ses images (quand on en a des centaines de milliers, l’outil prend tout son sens…)
  • Appliquer des légendes, des mots clé, un copyrignt…
  • Préparer une sélection, un diaporama
  • Envoyer des photos par mail, les imprimer, les présenter sur le web, creer des version basse et haute définition pour la presse…

On ne pense souvent qu’au « traitement de l’image»  alors que toutes les autres opérations sont aussi importantes. Mais habituellement, on procédait à ces ajouts à différents stades du flux. Avec des redondances et des pertes de temps et d’information considérables. Typiquement : Je transfère mes photos, j’en travaille certaines, je les classe dans des dossiers avec une logique discutable (je passe des heures à chercher, quelques mois plus tard), j’enregistre en TIFF ou PSD, je recadre, applique un encadrement, ajoute un filigrane, une signature sur un calque, j’enregistre en Jpeg, j’ajoute des légendes sous Bridge, je télécharge par exemple sur mon site, sur Flickr, Facebook ou Picasa. Tiens, on me demande des mots clé : je les ajoute à ce moment. Et soudain, j’ai besoin d’une autre sélection incluant des images éparses, d’une taille et d’une résolution bien précise : et tout recommence. Ce temps est révolu ! Désormais, tout se fait et se contrôle au niveau de Lightroom (développement, effets, légendes, mots clés, export dans différents formats, upload vers le web, etc). Il y faut un peu de rigueur mais l’efficacité est au rendez vous. Il existe de nombreux sites traitant de ce fantastique logiciel : Voici l’exemple d’un autre flux de production sur Lightroom.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que Lightroom n’est pas un logiciel graphique de plus pour bidouiller les images, mais une base de données. Ce n’est plus au photographe de créer des arborescences de dossiers avec des doublons partout : le logiciel s’en charge, et sans doublons grâce à des copies virtuelles. Enfin, le plus important : les opérations sont non destructives. Autrement dit, Lightroom conserve les fichiers Raw absolument intacts (fondamental) pour ne travailler que sur des copies virtuelles. Seuls les images exportées dans le format voulu ont une existence « physique» .

Sans entrer dans les détails (d’autres sites très bien faits existent en nombre sur le sujet) voici les nouvelles possibilités de la version 2.1 :

  • Intégration parfaite avec Photoshop CS3
  • Apparition d’un outil de correction local (rien que pour ça…il faut acheter !)
  • Application de dégradés
  • HDR intégré
  • Gestion de deux écrans
  • Gestion de plugins d’export

Ce qui manque hélas toujours, selon moi :

  • Impossibilité de modifier le style des filigranes, leur position et l’insertion de signatures. Mais un plugin existe qui le fait très bien.
  • Impossibilité de réordonner les photos sur la table à lumière et d’enregistrer l’ordre (Bridge le fait) ce qui est essentiel pour rythmer l’histoire que vous racontez en photo. C’est du moins comme cela que j’ai appris à travailler. Peut être que la fonction existe mais je ne l’ai pas trouvée. Si vous avez des idées…

Pour rester dans le pratique et terminer sur un exemple qui vous montrera les fantastiques possibilités d» Adobe Lightroom, voici comment je procède.

  • Dès le branchement USB de l’appareil, Lightroom se lance et importe les images en les classant par dates, ou autre, et en appliquant des metadonnées « de base»  : copyright, mail, adresses, légendes générales, ou tout ce que vous voulez…
  • Sélection rapide des bonnes images et traitement ce celles-ci (traitement par lots très efficace)
  • Éventuellement application d’autres effets via Photoshop (Lightroom le lance et récupère l’image après)
  • Insertion des légendes et des mots clé, en partie automatisé (c’est ici que tout se fait. Il ne faut rien rajouter sur vos images avec des logiciels tiers)
  • Création de sélections
  • Export automatisé aux formats préalablement définis (TIFF, PSD ou JPEG en 72 dpi, 300 dpi, corrections ultimes X ou Y, taille, cadre, filigrane, signature…) Et autant de fois qu’on en a besoin. Calculez le gain de temps !
  • Mail direct depuis Lightroom (sélection multiple et export par mail, optimisé)
  • Export de collections et organisation automatique en albums sur Facebook, Flickr et Picasa (les mots clé, par exemple, seront exportés aussi et intégrés ou il faut !)

Comparez avec votre flux de travail actuel : que de temps gagné ! Vous ne trouvez pas ?

Dans les articles suivants, nous entrerons dans les détails de l’utilisation, notamment pour la correction des images. Si d’ici là vous avez des questions, n’hésitez pas !